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« Le Fooding compte continuer de secouer le goût de l’époque »

Le co-fondateur du Fooding, Alexandre Cammas, revient sur les 15 ans d’activité du guide gastronomique et présente ses projets.

Guide gastronomique, site Web et organisateur d’événements, le Fooding déniche depuis quinze ans les tendances gastronomiques à Paris et désormais partout en France. Souhaitant « secouer le goût de l’époque », la plateforme a organisé fin mai « La revanche des faubourgs », un festival consacré à un panel de rues parisiennes (Saint-Denis, Saint-Martin…) qui sont devenues en l’espace de quelques années des lieux gastronomiques branchés. Alexandre Cammas, co-fondateur et directeur du Fooding, répond aux questions de Business & Marchés.

Quel regard portez-vous sur les 15 ans d’activité du Fooding?

En fait, je suis assez fier de ce que nous avons accompli. La bataille du sens et du contenu est très peu valorisée aujourd’hui. Partir d’une idée ou d’une vision, parvenir à la rendre viable, et même profitable (quand on voit l’état dans lequel sont les médias presse aujourd’hui, et à quel prix ils sont rachetés…), ça signifie qu’on ne s’est pas trop planté.

Les tendances food, bistronomie… n’ont jamais été aussi présentes dans les médias. Comment réaffirmez-vous votre position de précurseur sur ces notions?

D’abord, nous sommes naturellement précurseurs puisque rien d’autre de notable n’existe. Ce n’est pas GaultMillau ou le team Fabius-Savoy-Ducasse, au-delà de tout le respect qu’on leur doit, qui vont secouer le goût de l’époque. Donc, il y a un boulevard devant nous, pas seulement sur le plan national d’ailleurs, qui pourrait nous pousser peu à peu, comme les conducteurs sur les autoroutes, à s’assoupir… La conférence que nous avons organisé en novembre dernier sur les violences en cuisine à Sciences Po a eu l’effet d’une petite bombe dont nous sommes fiers. Bref, même si nous avons inventé le mot « bistronomie » au Fooding en 2004, en réunion de rédaction, attendez-vous à ce qu’on propose très vite autre chose…

Comment les faubourgs se sont-ils imposés comme des lieux incontournables de la gastronomie?

Comme la jeunesse cuisinière a eu envie de s’épanouir à son compte, il fallait bien, faute de moyens, qu’elle s’installe moyennant des loyers corrects, et qu’elle se sépare de tous ces subterfuges superflus pour faire grimper l’addition (grand service, nappe, argenterie, verrerie, etc.)

Comment envisagez-vous l’avenir du Fooding?

Très positivement. Sur le plan digital déjà, avec l’intégration prochaine d’un module de réservation et de commande de livraisons à domicile par les restaurants qu’on aime, histoire que notre public, qui fait déjà de nous un leader envié en terme de prescription de restaurants puisse trouver tous les services dont il a besoin sur nos médias. Quant au consulting, à l’événementiel, au sponsorship,  nous continuons d’avoir de nombreux clients (S.Pellegrino, Jameson, MasterCard, Nespresso, Mumm…) et à en convaincre chaque année de nouveaux.

Photo : Arnaud Dauphin Photographies

Publié dansActualité socialeSociété