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Fonction achats: les clefs de la digitalisation

Décryptage des enjeux liés à la digitalisation de la fonction achats avec le directeur général de Synertrade, Franck Le Tendre.

Editeur de logiciels en mode SaaS, destinés à automatiser la fonction achats, Synertrade adresse essentiellement les grandes et très grandes entreprises (environ 500 M€ d’achats), avec des clients comme Carrefour, Sanofi, Somfy ou Canal+. Son directeur général et executive vice-président pour l’Europe de l’Ouest, Franck Le Tendre, décrypte pour Business & Marchés les enjeux de la digitalisation de ce métier.

Comment la fonction achat s’est-elle convertie, ces dernières années, au numérique?

La partie la plus évidente, pour une direction achats, est la dématérialisation des appels d’offres. Les fichiers Excel ou les mails sont chronophages, difficiles à tracer, et modifiables à souhait. L’idée est d’effectuer les opérations dans une plateforme, dans un format imposé, aussi bien pour les acheteurs que pour les fournisseurs. Chaque dépôt de document ou chaque échange est tracé, ce qui rend le processus de consultation très facile à auditer et permet de lever les doutes en cas de contestation. Le pilotage de la performance et à l’analyse de la dépense constitue l’autre motif de refonte de l’organisation. Certains groupes ont une forte hétérogénéité de leur parc informatique, qui rend difficile les dépenses fournisseurs, ce qui pèse sur la mise en place de stratégies achats en organisant la donnée. Le niveau de maturité est très variable selon les entreprises mais, dans l’industrie, les achats représentent 70% de la valeur ajoutée.

De quelle manière les solutions numériques accompagnent-elles les acheteurs dans leur sourcing on-line?

Il est possible de faciliter la gestion des différents statuts des fournisseurs (validés, acceptés, blacklistés…) et de pouvoir retracer l’histoire de la relation client-fournisseur (qualité commerciale, taux de conformité, respect des délais…). Le sourcing en tant que tel s’effectue au moyen d’équipes dédiées. Différents leviers d’optimisation existent : nous allons donner de la vision sur les engagements de dépenses, nous allons également permettre de raccourcir le temps de traitement des process achats (de la demande au paiement des fournisseurs)… Par ailleurs, les petites entreprises ne sont pas forcément en capacité de payer dans les délais prévus pour des raisons organisationnelles : en raccourcissant les délais, leur directeur financier est ainsi en mesure négocier de meilleures conditions avec ses fournisseurs.

Quelles actions préconisez-vous pour accompagner l’évolution de la fonction achat dans les entreprises?

Les organisations achat doivent se poser la question de l’impact de la digitalisation de l’économie sur leur métier. Comment est-ce qu’elle peut impacter les négociations, quelles sont les nouvelles offres ? Un acheteur est, au même titre qu’un commercial, en mobilité : j’invite les directions achats à doter leurs équipes d’outils mobiles. Il faut également réfléchir sur l’opportunité de faciliter le travail de l’acheteur, en rationalisant le nombre de sources d’informations.

Publié dansEconomieEntreprisesManagement