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« La foi, la résilience et la passion sont indispensables à un créateur de start-up »

People Working with Photo Illustrations of Startup Business

La foi, la résilience et la passion constituent les trois qualités essentielles à un créateur de start-up, explique Paul Armbruster de Wilde, cofondateur de Wildster et d’HopBuddy.

Après un double bachelor en marketing et eBusiness, Paul Armbruster de Wilde a créé en 2013 Wildster, the startup agency, puis a lancé en 2015 HopBuddy, un site de vente en ligne de bières artisanales. Il décrypte les savoirs-être et les savoir-faire essentiels, selon lui, à un entrepreneur.

Quelles sont, selon vous, les qualités essentielles à un créateur d’entreprise, et pourquoi?

Les qualités essentielles d’un entrepreneur sont selon moi la foi, la résilience et la passion. La foi permet de croire en son but, condition essentielle pour se mettre au service de sa réalisation. Il faut être un peu fou pour se lancer dans la création d’une entreprise, c’est même une qualité essentielle.

La résilience permet de continuer à avancer lorsque les épreuves viennent, et elles viennent toujours dans la vie d’une entreprise. Et plus votre but est élevé, plus les épreuves à franchir seront grandes. C’est là que la résilience est importante, car chaque victoire rend plus fort et retarde la venue de la prochaine épreuve.

La passion est ce qui permet de prendre du plaisir dans des choses qui semblent insensée pour la majorité des gens : ne pas avoir de séparation nette entre la vie personnelle et la vie professionnelle : You are your company, travailler beaucoup, longtemps, souvent, etc.

Entre votre projet de création d’entreprise et les opérations effectives, quels sont les éléments qui vous ont surpris et, au contraire, auxquels vous vous attendiez?

Ce qui m’a surpris et ce que j’ai sous-estimé au départ, c’est le temps pris par les fonctions annexes de l’entreprise (gestion de la relation avec l’Etat, comptabilité, courriers divers, paiement des cotisations sociales). C’est extrêmement chronophage et opaque car l’information est disséminée sur des dizaines de sites différents. Il y a beaucoup d’interlocuteurs et leur réactivité n’est pas toujours en phase avec la nôtre. Les cotisations sociales sont aussi assez élevées et on ne comprend pas toujours à quoi elles servent tant elles sont nombreuses (au moins six ou sept organismes différents).

Je ne suis pas un génie mais je ne suis pas non plus un idiot, et même après trois entreprises créées par mes soins, je n’ai pas encore tout compris. Il faut toutefois signaler que l’on tombe parfois sur une personne au top dans ces services, et celle ci permet souvent de résoudre les problèmes en quelques minutes. Quand vous tombez dessus, ne la lâchez pas, envoyez-lui des fleurs ou des chocolats !

Que recommanderiez-vous à un créateur de start-up en devenir?

Ce que je recommanderai à un créateur d’entreprise en devenir, c’est de ne pas négliger le time to market : il vaut mieux sortir un projet imparfait que de ne pas sortir de projet du tout ou de le sortir trop tard. Un business n’est jamais parfait. L’expérience permet d’apprendre mille fois plus vite que toutes les séances de réflexion du monde. Le marché et les clients vous aideront à trouver ce que doit être votre projet pour marcher. Focalisez-vous sur l’objectif final : start with the end in mind.

Il faut visualiser le résultat auquel vous voulez arriver et ensuite déchiffrer la meilleure manière d’y parvenir. Pensez avec une mentalité basée sur la résolution des problèmes plutôt que sur leur évidement : vous aurez toujours des problèmes. Ne négligez pas non plus la quantité d’argent nécessaire pour vous lancer, entourez-vous bien, et ne choisissez pas trop, ni trop peu d’associés. Avoir deux associés est, à mon sens, un minimum : on ne peut pas réussir seul.

Photo: People Working with Photo Illustrations of Startup Business par Shutterstock

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Journaliste, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
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