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Escalade : Arkose veut grimper toujours plus haut

Leader français de l’escalade de blocs en moins de cinq ans, Arkose a développé un concept de salles ouvertes aussi bien aux débutants qu’aux grimpeurs confirmés, en y ajoutant des restaurants et des bars afin d’accroître leur attractivité. Sur chacune de ces activités, l’entreprise promet des prestations qualitatives (parcours fréquemment renouvelés, ingrédients locaux…) Grégoire de Belmont, un des quatre associés, directeur général marketing et développement, nous présente les projets du groupe.

Comment l’entreprise s’est construite depuis 2013 ?

Grégoire de Belmont — Nous avons ouvert la première salle en 2013 à Montreuil. En étant quatre associés, nous avons rapidement pu penser au développement, et nous avions les fonds propres nécessaires. En octobre 2015, nous avons inauguré une deuxième salle à Villeurbanne. En 2016, nous avons ouvert des blocparks à Bordeaux, puis à Massy. Nous avons vu que le potentiel du concept était gros. Nous avons alors souhaité lever des fonds. Nous avons des compétences assez intéressantes : trois ingénieurs de formation et un commercial, avec des expériences professionnelles diverses nous ayant permis de bien maîtriser le développement, le marketing, les opérations… Les deux objectifs de la levée de fonds (2,4 millions d’euros) étaient, d’une part, de structurer un siège avec des fonctions support nécessaires à l’exploitation (nous visons une vingtaine de salles à l’horizon 2018-2019) et, d’autre part, de développer le réseau. Le groupe compte 150 personnes, dont 20 personnes au siège. Notre activité (365 jours par an, sur des sites ouverts au grand public de 8 heures à minuit) ne s’arrête quasiment jamais.

Quelles sont les clefs de l’engouement pour l’escalade de blocs ?

Il s’agit d’un vrai sport, qui muscle, qui gaine, qui fait travailler le mental. C’est un sport très complet. On travaille la stratégie. Les passages ne sont pas très hauts, donc on grimpe sans corde. En escalade encordée traditionnelle, on utilise un baudrier ; on doit apprendre à faire un nœud d’encordement, à assurer les autres participants. En bloc, cette phase d’apprentissage disparait. Cela rend ce sport très accessible. De plus, c’est un sport très convivial : au pied des blocs, il y a du monde qui attend pour se reposer, attendre son tour, réfléchir à la stratégie… Il faut appréhender la manière dont on grimpe, et on rencontre des gens dans une salle de blocs. C’est un sport qui peut se pratiquer seul, à deux, en groupe…  L’escalade a mis du temps à se démocratiser car elle était connotée outdoor et sport dangereux. L’escalade de blocs se démocratise depuis qu’on explique qu’elle est facile d’accès. On ouvre des salles pour débutants, en soignant aussi l’accueil des grimpeurs forts. La partie connexe à l’escalade (bar, cuisine) nous y aide. On peut aller manger de bons plats chez Arkose.

Le profil du groupe est aujourd’hui très protéiforme !

Sept salles sont ouvertes. En parallèle, nous avons deux activités, dont Oskare & Co, née d’une envie de faire de la bière. Cela rejoint l’idée de travailler avec des brasseurs locaux. Nous nous sommes associés avec un ami grimpeur qui, pendant un an, s’est formé pour devenir maitre-brasseur. Arkose détient 75% de cette filiale. Nous avons testé trois recettes (IPA, Smoke Porter, Triple). On brasse en gipsy, actuellement chez Deck & Donohue, avant de lancer notre propre brasserie sous notre salle de Nation. Une partie non-négligeable de la production sera vendue dans nos salles, localement. L’idée est de reproduire ce schéma en région. Notre restaurant est quant à lui approvisionné à 80% localement, sur chaque site.

Souhaitez-vous aussi vous procéder à des acquisitions ?

Nous avons racheté en novembre une société française connue sur le marché des crashpad, de gros matelas utilisés lorsque l’on fait du bloc dans la nature. Ce sont des produits assez techniques. Cette marque s’appelle Snap, fondée il y a 18 ans par Patrick Delauzanne, qui nous a revendu deux-tiers du capital. Il reste associé, notamment opérationnellement. Nous allons refaire de la communication, compléter la gamme produit (sous forme de business units : équipements grimpeurs ; matériel pour les salles d’escalade, que l’on achète ou que l’on développe nous-mêmes ; vêtements). Le marché de l’escalade est en train d’exploser. Une nouvelle génération, urbaine, veut des produits plus adaptés, plus stylés… L’idée est de vendre ces produits dans les réseaux traditionnels, et éventuellement pour quelques produits dans nos salles.

Quel est le profil-type du client de vos salles ?

Un urbain, qui a en moyenne entre 20 et 35 ans, homme à hauteur de 70%. Le profil du grimpeur-type se féminise de plus en plus, notamment depuis deux ans. Nous attirons des clients issus du milieu du fitness ;  des gens sensibles au discours éco-orienté et à un sport qui vient de la nature. L’aspect convivial de l’escalade de bloc attire une population qui apprécie les rencontres. Trois offres, à la journée, aux 10 entrées et à l’abonnement leur sont proposées. On a aussi des «happy hours» avant 16h30 et après 21h30 en semaine, et après 18h30 le week-end (30% de réduction).

Quels sont vos objectifs de développement ?

Trois salles seront inaugurées entre mars et avril 2018, à Tours, Annemasse et Marseille. Toulouse, Rouen, et Paris (Montmartre et 15ème arrondissement) sont dans les tuyaux. Nous finirons l’année à environ 8,5 millions d’euros de chiffre d’affaires. Notre objectif pour 2018 consistera aussi à procéder à une nouvelle levée de fonds. Nous pourrons démarrer l’internationalisation du groupe en 2019, et pousser Snap et Oskare & Co. Nous souhaitons équiper les grandes villes. Pour les plus petites villes, la franchise peut être une option pour aller plus vite. Mais cela nécessite que la marque soit très forte, et qu’elle apporte quelque chose aux franchisés et de trouver des partenaires qui partagent nos valeurs.

Publié dansEconomieEntreprisesServices