Économie

Crise: peut-on encore changer d'entreprise ?

Le contexte économiquement tendu paralyse le marché de l’emploi. La remontée spectaculaire du chômage témoigne de ce climat délicat. Toutefois, des possibilités d’évolution professionnelle existent encore, à condition de cadrer son projet.

Autant générateur de revenus que tremplin pour évoluer professionnellement, le statut d’auto-entrepreneur, lancé en janvier dernier, rencontre un franc succès avec plus de 137.000 déclarations enregistrées, soit le double de l’objectif escompté. Ce plébiscite traduit à la fois la volonté d’accéder à un complément de revenu, mais aussi de s’initier à de nouvelles activités, notamment par passion. Mais, en temps de crise, c’est l’aspect financier qui préoccupe principalement les Français, et plus particulièrement les salariés en poste.

Un sondage réalisé par l’Observatoire du travail et de l’emploi pour L’Express met en exergue ce sentiment : près de huit salariés interrogés sur dix se déclarent satisfaits de leur travail, mais six sur dix se disent insatisfaits de leur rémunération. « Cela traduit chez les salariés une double angoisse pour l’avenir : celle d’être moins bien payés qu’aujourd’hui et celle de perdre leur emploi, donc leur salaire. Cela les amène d’ailleurs à réfléchir sur leur employabilité », explique au Figaro le DRH du groupe Renault, Gérard Leclercq. La crise provoque donc une prise de conscience sur la mobilité des salariés, le suivi d’une formation et le passage de concours de la fonction publique étant les solutions les plus citées.

Les salariés semblent donc privilégier les solutions les plus sécurisantes pour leur évolution professionnelle, le contexte étant assez défavorable à tout changement impromptu. Selon l’Agence pour l’emploi des cadres, le nombre de recrutements prévu pour 2009 serait en baisse de 10 à 18 %, compris entre 164.000 et 180.000 embauches. 49% des patrons de TPE et de PME, les principaux employeurs, estiment que la situation de leur entreprise est moins bonne que l’année dernière à la même période, selon une étude TNS Sofres.

Le recours aux contrats à durée déterminée, gage de sécurité dans un contexte d’incertitude économique marquée, devrait considérablement s’accroître dans les mois à venir. Faute de débouchés, dans le secteur meurtri de la finance, l’université de Paris-Dauphine a préféré geler un de ses masters plutôt que de prendre le risque de former de nouveaux chômeurs. La situation ne prête donc guère à l’optimisme et aux mouvements.

Affiner son projet en fonction du potentiel

La mobilité reste toutefois possible, à condition de prendre ses précautions : s’informer de manière fouillée sur l’entreprise visée, en se renseignant sur son état financier et les perspectives de son secteur, et lister les avantages et les inconvénients anticipés du changement. Ces pratiques, qui ne se limitent plus aux investisseurs, permettent de mieux identifier son futur terrain de jeu.

Par ailleurs, plutôt que de prendre le risque d’une embauche externe, nombre d’entreprises préféreront, en période de crise, capitaliser sur les salariés déjà en poste en favorisant la mobilité interne : de quoi évoluer en limitant les risques. Les cadres sont au premier plan : 43 % des entreprises souhaitent encore embaucher du personnel d’encadrement, dont la part devrait monter jusqu’à 24 % en 2015 selon L’Usine nouvelle. Mais, pour les salariés souhaitant changer radicalement, des secteurs se jouent de la conjoncture actuelle.

C’est notamment le cas des green tech, les technologies liées à la préservation de l’environnement, la pénurie de professionnels pouvant pénaliser la création de 500.000 emplois liés à l’environnement d’ici à 2020. Tous les indicateurs sont au vert, des plans de relance dopés à l’écologie aux investissements. Les start-up ou les PME, qui ont poussé ce secteur ces dernières années, sont aujourd’hui talonnées par des filiales émanant de géants de l’énergie (EDF Energies nouvelles, Tenesol chez Total…). Autant de facteurs rassurants pour les candidats à la mobilité, à condition de correspondre aux profils pointus recherchés : les ingénieurs dotés de compétences énergétiques et/ou thermiques constituent des éléments de choix pour les firmes du secteur.

Secteur continuellement pourvoyeur d’emploi, le commerce ne déroge pas à sa réputation en période de crise, même si le vent est plus favorable aux discounters qu’aux hypermarchés. Les chefs de produits et les étudiants fraichement sortis d’écoles de commerce seront les profils les plus convoités, avec l’extension des marques de distributeurs et du parc de magasins des maxidiscompteurs. L’internet n’est pas en reste, le nombre de sites marchands ayant progressé de 40 % ces douze derniers mois.

A condition de s’informer sur l’état financier des entreprises concernées, de viser les secteurs à fort potentiel et de mûrir son projet, il semble encore possible de bouger en cette période économiquement délicate. Mais minimiser les risques reste encore l’attitude la plus recommandable.

A propos de l'auteur
Journaliste à L'Usine Nouvelle, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
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