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Comment Braastad perpétue l’innovation dans le cognac

Crème de cognac - Braastad

A Jarnac (Charente), les cognacs à la marque Braastad (Etablissements Tiffon) allient tradition et innovation. Focus sur le développement de la PME.

Il y a deux ans, les Etablissements Tiffon ont lancé la première crème liqueur au cognac. Un produit qui valorise la tradition d’innovation de la famille Braastad – l’une des deux marques familiales de cognac de cette PME basée à Jarnac (Charente). Créée avec du cognac de Petite Champagne, l’un des six crus de l’appellation, elle a permis d’élargir la cible.

“Il y a vingt ans, mon père travaillait en Ecosse et avait apprécié le cocktail Brandy Alexander, au Baileys. Mon grand-père était plus circonspect. C’est resté une frustration pendant longtemps. Nous avons goûté de nombreuses crèmes, en travaillant le juste équilibre entre le côté crémeux, le côté sucré et les arômes du cognac”, indique Edouard Braastad, directeur commercial. De nombreux chefs cuisiniers se sont emparés de la crème, ainsi que des bartenders, des professionnels déjà conviés, en 2015, à élaborer un cognac dédié, Cocktail Edition.

Un savoir-faire maîtrisé

“Nous sommes touche-à-tout”, résume Edouard Braastad pour présenter la marque. La maison familiale intervient sur tout le processus de production, de la grappe à la bouteille. Elle compte 20 employés, 40 hectares de vignes en propre (30 ha en Fins Bois, 10 ha en Grande Champagne), mais aussi sa propre distillerie et plus treize chais de vieillissement. L’entreprise a été créée en 1875 par Médéric Tiffon, qui avait une distillerie à Jarnac. Arrivé à Cognac en 1899, le norvégien Sverre Braastad, marié à Edith Rousseau, héritière des Etablissements Tiffon, a repris l’entreprise en 1919.

“Nous recherchons tous l’équilibre dans nos créations. Il faut réapprendre constamment. Nous avons le poids de l’histoire, mais il ne doit pas être un frein” poursuit Edouard Braastad. Il y a six ans, un VSOP bio, Selected Blend, a été lancé; en 2014, le Contempory Art a été conçu avec des artistes norvégiens parmi lesquels Magne Furuholmen du groupe A-ha; l’an dernier, trois générations ont été réunies autour du cognac Celebration – 1919-2019.

“Maîtriser toute la chaîne de production nous permet d’avoir un meilleur gage de qualité. Un bon cognac part de la vigne. On peut aussi expérimenter. A la distillation, tout est permis. Transmettre le savoir-faire est long mais pas impossible. Il y a le savoir-faire à la vigne, à la distillation, lors du vieillissement dans le choix des types de bois et de chauffe, et le point d’orgue final qui réside dans l’assemblage”, explique le directeur commercial.

Remettre en avant le made in France

Dans la moyenne du secteur, l’entreprise exporte 98% de sa production, dans plus de trente pays. “Je suis le premier à être triste du constat selon lequel les Français consomment très peu de cognac! C’est un peu en train de changer. On commence à redécouvrir le made in France et la production locale. Il y a un regain d’intérêt pour la consommation de proximité”, observe Edouard Braastad, qui a lancé l’an dernier les 1919 bouteilles de l’édition limitée à Bordeaux.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.

A propos de l'auteur
Journaliste à L'Usine Nouvelle, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
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