Les établissements adaptent leurs cartes à la saison printemps-été. Entre recettes sans alcool et créations techniques, les bars et hôtels multiplient les propositions pour répondre à une clientèle plus diversifiée et à des usages en évolution.
À l’hôtel Moxy Paris Val d’Europe, une carte imaginée autour de la douceur

Kawai
A Montévrain (Seine-et-Marne), l’hôtel Moxy Paris Val d’Europe (3 étoiles, 238 chambres) propose notamment le cocktail Kawai (tequila Jimador Reposado, vin blanc 6ème sens, genepi, sirop de fleurs de sakura Giffard, jus de citron, 12 euros), à la belle robe rosée. Le drink se distingue par sa douceur, ses beaux arômes de fleurs blanches. Le cocktail, assez citronné, est très accessible. Malgré sa puissance, la tequila ne prend pas le dessus. Le vin blanc apporte, dans un second temps, des notes fruitées.

Ginger Boost
A découvrir également, sans alcool, le Ginger Boost (8 euros): base Gold Cane Giffard (avec de la canne à sucre et de l’arôme de rhum) sirop de goyave Giffard, jus d’ananas, spiritueux sans alcool Nolow N°7 (apéritif au gingembre) et N°8 (de type bitter). En bouche, le gingembre prend d’emblée le dessus. Le drink est très onctueux et épicé. Dense et fruité, il permet également de ne pas ressentir l’absence d’alcool. Sa tonicité et des arômes poivrés peuvent surprendre. “Nous avons choisi de nous concentrer sur trois recettes signatures sans alcool”, précise Brice Harlay, responsable bar.

Venezuelan Dream
Un cocktail géant est toujours proposé à la carte. Pour cette saison, place au cocktail Venezuelan Dream, composé de Diplomatico Panas, de liqueur de piment d’Espelette, de sirop de fruit de la passion, de sirop de vanille et de bière Tropimo (Second Degré, à Magny-le-Hongre). Il est proposé au tarif de 17 euros.
Au Moonshiner, une proposition autour du pastis
Au speakeasy parisien Moonshiner (11e arrondissement), place au Caffe Salentino : pastis Henri Bardouin mélangé à de la banane fraîche, amaretto Adriatico Bianco, café, eau de coco infusée au genmaicha pour la dilution. Au nez, le pastis prend l’ascendant, ce qui est assez intrigant dans un bar plus connu pour son tropisme pour le whisky. En bouche, le pastis est aussi exacerbé, avant de céder la place au café de manière très intense. En coco, la finale adoucit un ensemble très dense. Le bar ouvre par ailleurs un rooftop éphémère, Vertigo, dans le quartier de Nation, pour le printemps et l’été – nous y reviendrons prochainement.
Au Earth’K, une carte modulable avec ou sans alcool
Situé dans le quartier de l’Opéra à Paris (2e), le bar Earth’K a lancé début mai une nouvelle carte sous la direction de son bar manager, Simon Quentin. L’établissement capte notamment une clientèle de jeunes adultes et de groupes en afterwork grâce à une offre accessible, de 12 à 14 euros. Sa stratégie se traduit aussi par la présence de deux cocktails signatures déclinables avec ou sans alcool, une adaptation jugée nécessaire par le bartender, pour qui les établissements doivent impérativement proposer ces alternatives pour durer.

El Negroncino N°3
Le cocktail Il Negroncino N°3 se compose de rhum Brugal 1888, d’un fatwash Campari et coco ainsi que de Martini Rubino, un mélange qui présente au nez les marqueurs du Negroni avec la vivacité du vermouth et du rhum, offrant une attaque puissante, beaucoup d’onctuosité et des arômes de coco présents dès l’attaque et en finale.

Coca-Colada
Le Cola-Colada utilise la méthode du milk punch pour assembler des rhums Bacardi Carta Blanca et Spiced, du coco, du cola, du falernum et du citron vert ; ce drink, mentionné involontairement comme “punk” sur le menu, est un long drink à la fois trouble et clair, résolument porté sur la coco avec des touches soyeuses et caramélisées. Quant au Puffed Peach, il associe le gin Bombay Sapphire, le Martini Vibrante, un sirop de thé genmaicha et pêche avec du citron, offrant un résultat smooth et fluide où l’usage de riz soufflé apporte des arômes de céréales torréfiées.
Au nouveau bar KKang, place à la douceur
Rue Frochot, dans le 9e arrondissement de Paris, le bar KKang a ouvert ses portes début avril avec une proposition centrée sur les influences coréennes. L’établissement, qui accueille également une programmation artistique en partenariat avec plusieurs galeries d’art, a élaboré sa carte de cocktails avec le consultant Pierre Munier. Celle-ci doit encore s’étoffer dans les prochaines semaines.

Koko Bello
Parmi les créations de saison figure le Koko Bello, imaginé par le barman Cameron Cresswell. Les ingrédients : rhum agricole blanc Coeur de canne de La Favorite, fève tonka, coco, pandan, pêche et citron vert. Au nez, la coco domine nettement, donnant au drink une dimension immédiatement gourmande. En bouche, l’attaque se montre plutôt suave et sucrée, avant de laisser apparaître une texture enveloppante et réconfortante, renforcée par l’usage du pandan, une plante tropicale d’Asie du Sud-Est aux notes végétales et vanillées.
Le cocktail gagne ensuite en fraîcheur et en relief au fil de la dégustation, avec une dimension plus juteuse qui met davantage la pêche en avant en finale. Le rhum, lui, reste volontairement discret. “Il y a un aspect réconfortant, madeleine”, souligne Mélissa Mokrani, bar manager de l’établissement. “La purée de coco renforce la texture”, complète Cameron Cresswell.
Un été riche en événements à l’Hôtel de Crillon
Place de la Concorde, l’Hôtel de Crillon présente sa programmation estivale. Du 8 mai au 30 août, le Tea Time associe le Chef Matthieu Carlin et la Maison Godet. Il décline le parfum Un Jour à Paris en trois pâtisseries (tilleul, néroli, fève tonka), complétées par des pièces salées et des thés. La terrasse Comestibles par Paul Pairet propose, du 4 mai au 4 octobre, une cuisine de partage (charcuteries, tartinables, sandwichs) avec du rosé et des retransmissions sportives.
Du 12 juin au 25 juillet, L’Herbier Secret du Chef Alan Taudon accueille du jeudi au samedi une unique table de quatre convives au deuxième étage. Le menu en cinq temps (250€) est centré sur la naturalité végétale et iodée. Au pied de l’hôtel, la Cabane à Pâtisseries glacées propose du 3 juin au 16 août les desserts signatures de Matthieu Carlin en version glacée (tarte citron, Paris-Brest, pavlova, cookie) et des thés glacés.
La terrasse Concorde s’installe, elle, jusqu’au 4 octobre 2026, pour des fins de journée en plein air. La carte met à l’honneur une collection de frozen cocktails. Parmi ces créations, on retrouve l’Eiffel Paloma élaboré au pamplemousse, le Concorde Passion Martini qui déploie des notes de fruit de la passion, ainsi que le Tuileries Basil Smash associant la fraîcheur du citron et du basilic.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.
