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Chefing ubérise le traiteur et se positionne en accélérateur d’affaires

«Un traiteur doit permettre à ses clients d’accroître leur culture d’entreprise», estime le fondateur de Chefing, Théobald de Bentzmann.

Chefing a levé 4 millions d’euros. Cette levée de fonds « d’accélération », notamment soutenue par des business angels et la Financière Saint James, présidée par Michaël Benabou, permettra à l’entreprise de se développer en-dehors de Paris et de l’Ile-de-France. Un immense terrain de jeu où la start-up, créée fin 2017 après un premier jet de deux ans en B2C (Comuneat), s’épanouit. Sa mission : prendre en charge la logistique d’événements professionnels en recourant à un panel d’une trentaine de traiteurs. A sa tête, Théobald de Bentzmann, 28 ans, issu de la London School of Economics (finance), de l’université de Cambridge (entrepreneuriat) et passé par le secteur des fusions-acquisitions.

Pourquoi vous êtes-vous lancé dans l’univers des traiteurs ?

J’ai eu la chance de me marier il y a près de deux ans. J’ai eu beaucoup de mal à trouver mon traiteur. Cela ne bougeait pas assez. Un traiteur traditionnel a une chaîne de production, avec deux cartes d’hiver et d’été. Il n’a pas l’agilité pour se calquer sur la demande d’une entreprise. Les clients voient, eux, toujours les mêmes traiteurs. Je me suis lancé en B2C et en B2B, avant de très rapidement recentrer l’entreprise sur la cohésion des salariés. On a des milliers de start-up qui innovent dans la livraison de repas en B2C, mais le marché du traiteur d’entreprise représente 17 milliards d’euros en Europe !

Comment vous distinguez-vous en back-office ?

Il y a 10000 traiteurs en France, dont 5000 indépendants : ils sont concentrés sur la production, mais n’ont pas la structure pour professionnaliser leurs relations commerciales et le marketing. Nous avons sélectionné les 30 meilleurs indépendants de la région parisienne. On ne part jamais d’une carte définie : tous nos appels d’offres sont suivis d’une réponse sur-mesure, exactement avec les mêmes délais qu’un traiteur traditionnel. Nous gérons aussi la logistique, le matériel, on trouve et on repense des lieux… Les entreprises cherchent des partenaires événementiels à leur image. Notre positionnement est axé sur l’engagement des salariés et des talents : comment augmenter votre chiffre d’affaires grâce à un événement ?

Quels sont les avantages de travailler avec des traiteurs indépendants ?

Notre structure est très light en Capex. Nous avons beaucoup de traiteurs enregistrés, qui font trois métiers (production, commercial, événementiel), à qui nous permettons de se recentrer sur la cuisine : toutes les pièces ont été préalablement validées. Les clients doivent avoir pris une claque lors de l’événement ! Nous valorisons des savoirs-faire multiples. Il nous faut aussi être une entreprise agile : les investissements trop lourds dans les lignes de production empêchent certains traiteurs de pouvoir facilement bouger. Nous devons aussi nous réadapter à la demande de nos clients. Nous avons, de plus en plus, des salles qui nous proposent des partenariats, car nous sommes l’unique interlocuteur pour donner accès à de multiples offres de traiteur, innovantes.

« Le traiteur devient un métier de culture d’entreprise »

Quel message portez-vous auprès de clients soucieux de maîtriser leurs coûts ?

Chefing est une start-up qui casse les codes des traiteurs traditionnels. C’est un des secteurs où on a vraiment un impact sur les entreprises. Pourtant, au moment où elles sont très agiles, le traiteur a été très peu réinventé dans ces cinquante dernières années. La très grande majorité des gens trouvent que les événements se ressemblent, quand bien même les budgets, en événementiel, en marketing… sont forts. Les moyennes et grandes entreprises ont du mal à capter les talents, alors que les start-up ont habituellement moins d’avantages ! Il faut regagner la guerre des talents. Nous nous positionnons sur le taux de présence aux événements (on fait du participatif et des questionnaires en amont), les taux de participation pendant les soirées (comment, pendant la soirée, on organise des tournois de ping-pong, des animations… ce qui augmente le taux d’engagement), et le taux de satisfaction (quel va être le souvenir que vous allez avoir de la soirée). Ce secteur, qui était un secteur de métiers de bouche, devient un secteur de culture d’entreprise.

Quelles nouveautés digitales souhaitez-vous apporter ?

Nous apportons beaucoup de nouveautés digitales, dans la chaîne de valeur en back-office. Le métier de l’événementiel est un métier de gestion de stocks, de logistique, d’organisation… Chefing a une très grosse équipe tech : nous déployons des mesures anti-gaspillage, optimisées grâce à nos logiciels. Nous créons aussi des devis sur-mesure rapidement. Il faut être scalable. Nous sommes 30 personnes, dont 8 personnes en tech, hors partenaires. C’est très difficile d’attirer des développeurs chez un traiteur, mais nous avons de bons partenaires, comme Welcome to the Jungle. Nous bénéficions aussi du bouche-à-oreille.

Publié dansEconomieEntreprisesServices