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Benjamin Kuentz: “nous pouvons ouvrir de nouvelles pistes dans l’élaboration du whisky”

Maison Benjamin Kuentz - Gamme de whisky français

Depuis quatre ans, Benjamin Kuentz s’attache à écrire des recettes de whisky originales, mises en musique par des distilleries françaises. Il lance de nouvelles références.

“Et si les Français avaient inventé le whisky, qu’est ce que cela donnerait ?”, interroge Benjamin Kuentz. Depuis 2016, cet éditeur de whisky, comme il aime à le définir, écrit des recettes et s’efforce de trouver les assemblages parfaits avant de sélectionner les distilleries qui peuvent répondre aux cahiers des charges. Maison Benjamin Kuentz (trois personnes et des freelances) gagne des clients chaque année (environ 600 cavistes et 400 cafés-hôtels-restaurants actuellement) et propose de nouveaux produits.

“A l’inverse du point de départ qui est la distillation, je pars d’une recette que j’ai en tête. La seule technique que je maîtrise, c’est l’assemblage. J’ai souhaité rester libre de travailler avec plusieurs distilleries en France”, précise Benjamin Kuentz. Quatre distilleries ont déjà livré des produits – des projets sont en cours avec cinq autres entités. Trois whiskies permanents et deux séries limitées sont disponibles. Pour les fêtes, un coffret de trois produits, au format 20 cl, est lancé chez les cavistes, distribué par l’Explorateur du goût.

“Faire de la R&D dans le whisky, c’est ouvrir de nouvelles pistes soit dans la manière de faire vieillir, soit dans les associations gustatives. En tant que Français, nous sommes jeunes en terme de production de whisky, nous partons d’une page quasi-blanche qui nous permet de créer avec notre approche,notre inspiration sans avoir à reprendre les usages ancestraux d’outre-Manche. L’idée est de refléter notre art de vivre à travers nos créations”, poursuit Benjamin Kuentz.

Des nouveautés dans la gamme

Maison Benjamin Kuentz lance, cet automne, plusieurs whiskies. Un nouveau venu; d’une part, Aveux gourmands (46%), vient compléter la gamme permanente. “C’est un peu le petit plaisir que l’on peut s’offrir, avec des notes de confiture, de fruits exotiques, de fruits jaunes. C’est mon côté breton qui parle. J’ai été chercher des fûts chez Rayne Vigneau, dans le bordelais. Ils cherchent une petite salinité dans leur vin. Le whisky très voluptueux, très chaleureux, assez gourmand, avec une sucrosité assez présente. C’est un distillat de Warenghem, avec un côté caramel beurre salé”, précise l’entrepreneur.

D’autre part, deux éditions limitées d’Aux particules vines, numérotées 4 et 5. Le principe ne change pas : des whiskies vieillis en fûts de vin provenants de domaines différents. “Le numéro 4 est un whisky proche des fruits rouges. Aux Particules vines a pour mission de bien continuer un repas, en rappelant le vin que l’on a dégusté à table. Aux Particules vines 5, lui, est mon premier whisky n’étant pas single malt : whisky d’orge maltée à 95% (Grallet-Dupic, en Lorraine) et 5% de whisky de blé noir (distillerie des Menhirs, en Bretagne) afin d’apporter une chaleur en bouche et une finale sur le tabac”, explique Benjamin Kuentz.

Un whisky issu d’un vieillissement sous-marin

Non content de proposer ces nouveautés, Benjamin Kuentz, qui avait déjà mis sur le marché un whisky inspiré d’une rencontre avec le dirigeant d’un chantier naval breton, a fait vieillir du whisky en mer, au large d’Ouessant. “Des personnes qui font vieillir du champagne et du vin sous la mer sont venus me voir. J’ai fait des essais avec différents distillats durant un an. La pression joue; l’effet de roulis aussi. Le premier essai a été effectué en mars 2018. Un an après, en mars 2019, j’ai goûté et laissé le projet de côté. Je voulais savoir si l’on pouvait reproduire l’impact à plus grande échelle. J’ai créé un assemblage avec les whiskies vieillis en bouteille. Les whiskies vieillis en fûts, eux, n’ont pas encore été mis en bouteille. Je vois cela comme un chai sous-marin”, indique-t-il.

Une campagne de crowdfunding a été lancée courant septembre, permettant de collecter 22 814 euros, contre 10 000 euros espérés initialement. Les premières bouteilles d’Uisce de profundis seront disponibles au prix de 380 euros sur le site de la maison et sont en préventes jusqu’en novembre sur KissKissBankBank.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.
Photo: William Beaucardet

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A propos de l'auteur
Journaliste, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
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