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Austérité : des politiques économiques remises en question

Les manifestations anti-austérité ont rencontré la semaine dernière, dans les pays les plus affectés par la crise, un vif succès.

Si les manifestations de protestation contre les politiques d’austérité n’ont pas obtenu, en France, le succès espéré par leurs organisateurs, elles ont en revanche suscité une forte adhésion en Espagne, où le taux de chômage atteignait en septembre dernier 25,8 % (contre une moyenne de 10,6 % dans l’Union européenne), au Portugal ou encore en Italie.

« Il est possible qu’aujourd’hui, sans les mesures d’austérité imposées par le gouvernement, l’eurozone n’existerait plus », ont expliqué les services du Premier ministre italien dans un document destiné à présenter les réformes menées par l’équipe de Mario Monti, qui a pris il y a un an les rênes d’un pays acculé par les agences de notation. Parmi les dernières décisions prises, figurent notamment un relèvement d’un point de la TVA et des mesures d’économie imposées aux administrations publiques.

Le Fonds monétaire international a reconnu début octobre avoir sous-estimé les conséquences sur la croissance des mesures d’austérité imposées aux pays européens financièrement aidés, tels que la Grèce, dont l’économie s’est contractée de 7,2 % sur un an. La dette s’est accrue, passant de 129 % du produit intérieur brut  (PIB) en 2009 à 175 % en 2012. Les différentes parties prenantes au cas grec sont aujourd’hui confrontées à une éventuelle nouvelle restructuration de la dette, une hypothèse à laquelle l’Allemagne refuse formellement de souscrire.

La présidente brésilienne Dilma Rousseff a expliqué ce samedi au sommet ibéroaméricain de Cadix (Espagne) que « la consolidation budgétaire simultanée n’est pas la meilleure réponse à la crise mondiale, et peut même l’aggraver, menant à une récession majeure ». En France, Jean-Luc Mélenchon a pris la tête du mouvement anti-austérité en présentant un projet de « contre-budget » porté par le Parti de Gauche. La suppression de nombreuses niches fiscales permettrait de dégager, selon l’ancien candidat à l’élection présidentielle, des moyens pour procéder à de nombreuses nationalisations, parmi lesquelles celles d’EDF et de GDF.

Aucune des deux options les plus radicales – des politiques résolument tournées vers la rigueur ou la relance – n’ayant prouvé leur efficacité, un panachage de ces deux options est mis en œuvre par de nombreux gouvernements, qui tentent de rétablir l’équilibre budgétaire tout en maintenant diverses aides à certains secteurs. Réduire les dépenses sans (trop) pénaliser la croissance, tel est le dilemme qui s’impose aux dirigeants européens.

Publié dansEconomiePolitique éco