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Au bord de la récession, les Etats-Unis comptent remonter la pente

Croissance USA

En adoptant définitivement, dans la soirée du 7 février, le plan de relance de l’économie américaine soutenu par George W.Bush, le Congrès a pris acte des risques qui pèsent sur la croissance de l’économie-phare mondiale.

168 milliards de dollars (116 milliards d’euros) seront consacrés à ce plan de relance, basé sur l’envoi d’un chèque aux contribuables américains afin de soutenir la consommation. « Un plan de relance doit comprendre des baisses d’impôt sur le revenu directes et rapides pour les Américains“, avait déclaré le président américain fin janvier, ajoutant que “laisser plus d’argent aux ménages devrait augmenter les dépenses de consommation“. Les entreprises devraient par ailleurs bénéficier de réductions fiscales pour leurs investissements effectués cette année. Les dépenses prévues pour la mise en oeuvre de ces mesures devraient avoisiner les 145 miliards de dollars, le New York Times indiquant que l’enveloppe allouée aux seules baisses d’impôts serait estimée à 100 milliards. Ce plan est destiné à enrayer les facteurs pouvant prvoquer une récession économique, qui s’avèrent nombreux.

Les ménages pris à la gorge

De 600 à 1.200 dollars devraient parvenir dans la poche de chaque ménage (seuls ceux qui touchent moins de 75.000 dollars par an, ou 150.000 pour un couple sont concernés), qui risquent cependant selon un grand nombre d’experts de consacrer en priorité cette somme aux remboursements des crédits en cours davantage qu’à la consommation, ce qui pourrait limiter les effets attendus de la mesure. La dette des ménages représente en moyenne 140% de leur revenu annuel, contre 68% en France. Les ménages ayant souscrit un prêt dit subprime sont les premiers touchés par ce fort niveau d’endettement.

Les prix élevés du pétrole contribuent également à aggraver une situation déjà difficile pour les ménages américains. Les prix à la pompe se sont envolés de 38% en 2007, et les dépenses moyennes de chauffage au fuel de 25,6% par rapport à l’an dernier. Le ralentissement de la demande mondiale pourrait cependant apporter un bol d’air aux automobilistes à travers un reflux des cours.

Les ventes de logements ont par ailleurs diminué de 12,5% en 2007, après une baisse de 8% en 2006. Les prix sont pour leur part en repli de 6% sur un an. En ligne de mire, les ravages des conséquences imputables aux prêts subprime, qui ont contribué à une explosion du nombre de saisies immobilières. Quant aux banques, elles ont dû affronter des pertes colossales, et certaines appeler à la rescousse des investisseurs étrangers, à l’instar de Citigroup.

Des facteurs positifs pour tenter d’enrayer la crise

La politique monétaire appliquée par Ben Bernanke, patron de la Fed, est en première ligne pour tenter d’éviter une récession et de rassurer les marchés. Les taux ont diminué de 1,25 point en deux semaines, les banques étant progressivement en mesure de se refinancer à moindre coût. La baisse des taux d’intérêt à dix et trente ans bénéficiera aux ménages les plus endettés. Un net ralentissement de la croissance américaine est au coeur des décisions de la Fed: après avoir progressé de 4,9% au troisième trimestre, le PIB américain n’a connu une hausse de seulement 0,6% au quatrième trimestre, en rythme annuel. Les chiffres semblent en revanche moins inquiétants sur l’ensemble de l’année 2007, avec 2,2% de croissance contre 2,9% en 2006.

Enfin, l’orientation à la baisse du cours du dollar, qui a perdu 64% de sa valeur depuis 2002, semble porter ses fruits, comme en témoignent les statistiques concernant les exportations: celles-ci ont progressé de 7,9% en 2007, dans la lignée d’une hausse moyenne de 8% entre 2004 et 2006. Ces bons chiffres ne doivent cependant pas cacher la mauvaise santé du marché de l’emploi, avec seulement 34.000 créations de postes en janvier contre 143.000 en décembre.

Publié dansEconomiePolitique éco