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Accueil défavorable pour la réforme des retraites

Incomprise, la nouvelle réforme des retraites est également jugée injuste par les Français.

62 % des Français se disent défavorables quant aux décisions prises dans le cadre de la réforme des retraites, selon un sondage BVA réalisé pour i>Télé*. En juin 2010, lors du report de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans, ce chiffre s’élevait à 54 %.Cette réforme, présentée comme une des plus emblématiques du quinquennat, peine donc à convaincre.

67 % des Français estiment, d’après ce qu’ils en savent, cette réforme injuste. « C’est bien dommage pour le gouvernement qui se devait de convaincre sur ce point : la gauche en avait fait sa ligne de critique principale de Nicolas Sarkozy », estime la directrice générale adjointe de BVA Opinion, Céline Bracq. Le cas des salariés ayant commencé leur carrière de manière précoce reste problématique, relève-t-elle. Le gouvernement a préféré mettre l’accent sur la pénibilité, à travers un dispositif de compte financé par les employeurs.

A l’opposé, la question des salariés commençant à cotiser de manière tardive reste, elle aussi, en suspens. Compte tenu de l’allongement de la durée des études et de la difficulté éprouvée par de nombreux arrivants sur le marché du travail à signer un contrat à durée indéterminée (en moyenne entre les âges de 27 et 30 ans), le risque d’arriver à l’âge de 67 ans sans avoir cotisé soixante-trois années durant est posé. Selon BVA, 79 % des 35-50 ans jugent la réforme injuste.

L’objectif de la réforme est également incompris. 86 % des Français pensent en effet qu’elle ne permettra pas d’équilibrer durablement le financement des retraites. Ils n’excluent donc pas une éventuelle future refonte du système, à l’instar des réformes de 2003 (conduite par François Fillon) ou de 2010 (menée par Eric Woerth). « Les Français dans leur ensemble (y compris les sympathisants de gauche aux deux tiers) ne sont pas du tout convaincus par les objectifs de ces annonces », précise Céline Bracq.

Signe des difficultés éprouvées par le gouvernement, le Medef et la CGT ont très rapidement émis des réserves – pour des motifs différents – quant aux orientations prises par le gouvernement. L’appel de la CGT, FO et de FSU à la grève et aux manifestations le 10 septembre restait, à l’heure où nous écrivions, maintenu.

*Sondage réalisé les 29 et 30 août auprès d’un échantillon de 1010 personnes âgées de 18 ans et plus, recrutées par téléphone et interrogées par Internet. 

Publié dansEconomiePolitique éco