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MODE — «Les visiteurs ne cherchent plus seulement des produits, mais des solutions» : Frédéric Maus détaille la stratégie du salon Who’s Next

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Frédéric Maus (WSN)

Nouveaux formats créatifs, intégration du live shopping, essor du réemploi et ouverture au grand public : Frédéric Maus, directeur général de l’organisateur de salons WSN, détaille la feuille de route stratégique de la nouvelle édition de Who’s Next.

À l’occasion de sa prochaine édition au hall 1 de Paris Expo Porte de Versailles, du 5 au 7 septembre 2026, WSN déploie plusieurs nouveaux espaces et partenariats au sein de ses salons Who’s Next, Shoppe Object Paris, Bijorhca et Interfilière Paris. Entre l’intégration d’un espace consacré au live shopping, le lancement du nouveau salon Jill ouvert au public durant la Fashion Week, la création du «Denim District» axé sur la circularité, et l’élargissement de l’offre retail vers la beauté et l’épicerie fine, Frédéric Maus, le directeur général de WSN, détaille les orientations stratégiques et opérationnelles de cette session.

Business & Marchés – Who’s Next inaugure cette saison le «Denim District», incluant une exposition de créations upcyclées. Comment ce nouvel espace s’articule-t-il avec les enjeux actuels de réemploi et de création responsable ?

Frédéric Maus – Le Denim District illustre parfaitement l’évolution de Who’s Next. Notre rôle n’est pas seulement de présenter des collections, mais aussi de mettre en lumière les nouvelles façons de créer. Le denim est probablement la matière qui raconte le mieux cette évolution. C’est une icône de la mode, mais c’est aussi un formidable terrain d’expérimentation pour l’upcycling, le réemploi et la création circulaire. Avec Eureka Fripe, nous avons voulu montrer que des ressources déjà existantes peuvent devenir le point de départ d’une nouvelle écriture créative plutôt qu’une contrainte.

Cette initiative s’inscrit aussi dans l’ADN de Who’s Next : révéler les créateurs qui feront la mode de demain. En invitant onze designers à revisiter une matière aussi universelle que le denim à partir de vêtements de seconde main, nous leur proposons un véritable exercice de style. C’est une façon de mettre en lumière leur créativité, leur regard et leur capacité à transformer l’existant en objets de désir. Who’s Next a toujours été une plateforme de découverte des talents émergents, et le Denim District prolonge cette mission sous un angle à la fois créatif et responsable. Au fond, le Denim District rappelle que la circularité n’est plus un sujet périphérique. Elle devient progressivement une composante normale du processus créatif et du développement des marques.

« La France est l’un des marchés les plus dynamiques d’Europe sur le live shopping »

Vous annoncez un partenariat avec la plateforme Whatnot. Quelle place occupe aujourd’hui le marché français dans le développement du live shopping et qu’attendez-vous de cette collaboration sur le salon ?

Frédéric Maus – La France est aujourd’hui l’un des marchés les plus dynamiques d’Europe sur le live shopping, notamment dans les univers de la mode. Les consommateurs recherchent davantage d’interaction, de spontanéité et d’authenticité dans leur expérience d’achat, et les marques commencent à intégrer ces nouveaux usages dans leur stratégie commerciale. Notre ambition avec Whatnot est très simple : permettre aux professionnels de découvrir concrètement ce nouveau canal de vente.

Who’s Next a toujours accompagné les mutations du retail. Après l’omnicanal, les marketplaces ou les réseaux sociaux, le live shopping constitue une nouvelle étape parce qu’il recrée une relation directe entre la marque et sa communauté. Nous ne présentons pas une tendance, nous donnons aux visiteurs l’occasion de tester des outils, d’échanger avec les équipes de Whatnot et de comprendre comment ces formats peuvent compléter leur stratégie de distribution. C’est exactement le rôle d’un salon comme Who’s Next : aider les professionnels à anticiper les évolutions du marché plutôt qu’à les subir.

Quelles sont les attentes de vos visiteurs et les solutions des exposants en matière de transition écologique et de transition numérique ?

Frédéric Maus – Aujourd’hui, nos visiteurs ne cherchent plus seulement des produits ; ils cherchent des solutions. Mais ils nous disent aussi qu’il est parfois difficile d’identifier, parmi les centaines de marques présentes sur le salon, celles qui conjuguent engagement, créativité et potentiel commercial. C’est précisément le rôle des espaces Forum Impact et de Neonyt Paris : réunir des marques qui sont habituellement réparties dans les différents secteurs de Who’s Next, afin d’offrir une lecture claire d’une création à la fois responsable, inspirante et porteuse d’opportunités business.

En parallèle, la transformation numérique s’accélère. L’intelligence artificielle, la data ou l’essayage virtuel ne sont plus des concepts prospectifs ; ce sont des outils qui répondent à des problématiques très concrètes : mieux acheter, mieux vendre, mieux anticiper les tendances ou améliorer l’expérience client. Ce qui est intéressant, c’est que ces deux transitions ne s’opposent pas. Elles avancent ensemble. Une marque responsable est aussi une marque capable d’utiliser les bons outils pour produire plus justement, distribuer plus efficacement et mieux répondre aux attentes de ses clients.

Shoppe Object Paris s’ouvre à des segments comme la beauté et l’épicerie fine. En quoi cette évolution de l’offre répond-elle à l’hybridation croissante des concept stores ?

Frédéric Maus – Les concept stores ont profondément changé leur façon de construire leur offre. Ils ne raisonnent plus en catégories de produits, mais en univers de marque et en affinités de clientèle. Une même enseigne peut aujourd’hui proposer de la mode, des objets pour la maison, de la beauté, des livres ou encore de l’épicerie fine, parce que le client ne vient plus seulement acheter un produit : il vient découvrir un univers.

C’est cette évolution que traduit Shoppe Object Paris. En ouvrant cette saison le salon à la beauté et à l’épicerie fine, nous reproduisons la réalité du commerce d’aujourd’hui. Les acheteurs veulent pouvoir composer des sélections cohérentes, créer des passerelles entre les catégories et enrichir l’expérience proposée dans leurs points de vente. On observe également que les frontières entre retail, hospitalité et art de vivre s’estompent. Les hôtels développent des boutiques, les restaurants créent leurs propres produits, les concept stores accueillent des cafés ou des espaces

Qu’est-ce que le nouveau salon Jill, prévu du 2 au 5 octobre au Jardin des Tuileries, à Paris, en parallèle de Premiere Classe ?

Frédéric Maus – Jill est l’un des projets les plus inédits que nous lançons cette année. Ce n’est pas un salon de mode. C’est le premier rendez-vous entièrement consacré aux collaborations, aux pièces uniques et aux éditions limitées, des formes de création qui occupent aujourd’hui une place croissante dans la mode contemporaine mais qui ne disposaient pas encore d’une plateforme dédiée.

La grande nouveauté, c’est que Jill est ouvert au public. Pendant la Fashion Week, la création suscite un immense enthousiasme, mais la plupart des passionnés la vivent à travers les réseaux sociaux. Avec Jill, nous voulions proposer une autre expérience : un lieu où la communauté mode peut enfin entrer, découvrir les créateurs, échanger avec eux et partager ce moment aux côtés des professionnels. C’est une façon de rendre la Fashion Week plus ouverte, plus vivante et plus accessible, sans en perdre l’exigence.

Jill est à la fois une plateforme professionnelle et un événement culturel ouvert sur la ville. Il incarne notre volonté de faire dialoguer les différents acteurs de l’écosystème de la mode et d’offrir une nouvelle manière de vivre la Fashion Week : plus ouverte, plus participative et plus connectée aux communautés qui font aujourd’hui rayonner la création.

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A propos de l'auteur
Journaliste dans la presse professionnelle, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
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