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Fortes ambitions pour les robots cuisiniers d’entreprise de Bolk

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Bolk - Salade au poulet

La start-up Bolk entend installer, dans les entreprises et lieux de trafic, des robots permettant de réaliser et de personnaliser des bols repas à l’heure du déjeuner. Elle vient de lever 4 millions d’euros.

Au bureau, le cuistot est un robot. Créée en 2020, la start-up parisienne Bolk entend réinventer la distribution automatique, sur le segment de la restauration d’entreprise. Malgré l’impact du télétravail sur la fréquentation de la pause-déjeuner, elle entend effectuer une nouvelle levée de fonds (entre 10 et 30 millions d’euros) d’ici à la fin de l’année 2022. Une première levée de fonds a été réalisée, à hauteur de 4 millions d’euros. Objectif : poursuivre son développement après la livraison de quatre premiers robots en 2021, destinés à concocter les plats pour les collaborateurs de Qonto, d’Openclassrooms, de Pickup et d’Endemol. Composées de près de 2000 pièces, les machines peuvent réaliser 60 bols-repas par heure, grâce à des ingrédients (pâtes, pommes de terre, aiguillettes de poulet, quinoa, ananas…) livrés au moins deux fois par semaine, lors de leur entretien. Nicolas Jeanne, fondateur de Bolk, présente cette innovation.

Pourquoi avez-vous créé Bolk ?

Nicolas Jeanne – Depuis quelques années, les Français ont totalement changé leur rapport à la restauration. Quand on veut se nourrir, il n’y a rien de plus difficile que de concilier la qualité, la variété, la rapidité, la flexibilité dans les horaires et des petits prix. Nous avons créé une cantine robotisée qui tient dans 2 mètres cubes et qui peut concocter 60 assiettes par heure, à partir de 15 recettes et jusqu’à 300 compositions différentes, du salé, du sucré, des plats froids ou à réchauffer ; 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. La révolution, c’est la personnalisation des plats.

De quelle manière avez-vous conçu la machine, et quelles sont les innovations en matière de distribution automatique ?

A l’origine de Bolk, il y a l’idée du bien-manger personnalisé. Cela représente trois ans de R&D, une équipe de 15 ingénieurs dirigée par l’ancien directeur mécatronique de SoftBank Robotics, et des dépôts de brevets sur différents continents. Nous avons testé plusieurs prototypes avec des entreprises de la région parisienne pour mettre au point la version industrielle de notre robot, parce que c’est l’expérience consommateur qui nous amène à améliorer en permanence notre technologie. Le point fort du robot Bolk, c’est la combinaison de compétences de pointe en hardware et en software. Le robot peut travailler en parallèle à la confection de plusieurs plats pour optimiser le temps de préparation. Un serveur externalisé permet de créer ou d’adapter des recettes à distance, de contrôler en permanence les stocks des aliments, la température, le dosage des ingrédients, les dates limites de consommation…

Comment préparez-vous les ingrédients, et dans quel périmètre s’effectuent les livraisons ?

Les recettes proposées par Bolk sont composées de produits de saison, d’ingrédients issus de l’agriculture raisonnée et des circuits courts. Nous avons internalisé toute la partie food : tous les ingrédients cuisinés (patates douces rôties, courgettes marinées, pommes de terre persillées, croûtons au romarin…) sont préparés chaque jour par nos cuisiniers, à Paris. Les robots sont rechargés, nettoyés et vérifiés au moins deux fois par semaine. A ce jour, tous nos robots sont installés dans des entreprises d’Ile-de-France. Quand nous aurons des clients en région, nous adopterons la même démarche de proximité.

Quels sont les objectifs de votre levée de fonds ?

Notre première levée de fonds de 4 millions d’euros nous permet de nous déployer dans le nouvel univers de la restauration collective et, plus globalement, de préempter l’univers de la restauration robotisée. En restauration collective, nous visons les entreprises de 100 à 500 personnes, où nous serons en solution unique, et les entreprises de plus de 500 personnes, où Bolk sera en complément de la cantine. Après les quatre tests de 2021, l’objectif est désormais de déployer 40 robots en entreprise, dans l’hôtellerie, la distribution et dans d’autres verticales. Nos robots n’ont besoin que d’une prise électrique pour  fonctionner et occupent 1,5 mètre carré au sol.

Comment comptez-vous faire la preuve de votre modèle ?

On connaît la dynamique de la restauration robotisée : une verticale de la foodtech en plein essor, mais qui doit encore trouver son modèle économique. Chez Bolk, nous avons deux avantages concurrentiels majeurs : d’une part, la barrière technologique à l’entrée et d’autre part, notre maîtrise des coûts des ingrédients. Un robot peut être lancé en trois jours alors qu’il faut trois à six mois pour un espace de restauration classique.

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Journaliste dans la presse professionnelle, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
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