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Que faut-il retenir des assemblées générales des sociétés cotées?

Moins de participants, peu de débats autour des rémunérations, davantage d’attention portée aux enjeux environnementaux : retour sur la saison 2017 des assemblées générales.

Les assemblées générales des entreprises cotées viennent de s’achever, avec plusieurs enseignements: un nombre de participants en nette baisse ces trois dernières années, davantage de pédagogie autour des rémunérations des dirigeants et un dialogue renforcé avec les actionnaires. Les AG d’Air Liquide, de Total et de L’Oréal ont été les plus suivies, tandis que celles de Total, de la Société Générale et de BNP Paribas ont donné lieu aux débats les plus longs. Les questions portant sur la stratégie et les perspectives, les activités et métiers, ainsi que la Bourse et les relations avec les actionnaires ont été les plus représentées. Virginie de Capèle, directrice affaires générales et communication de l’Institut du capitalisme responsable (fondé par l’agence CapitalCom), décrypte cette session.

Comment expliquez-vous le fort recul du nombre de participants aux AG?

Avec 1500 participants en moyenne en 2005, 1092 en 2011 et 853 en 2017, cela fait -43% sur 12 ans et -22% sur 6 ans. Cette forte baisse s’explique en particulier par la baisse très forte du nombre d’actionnaires individuels dans l’absolu (6,5 millions de Français en 2008 à 3 millions en 2016). Cette baisse générale tient à plusieurs grands facteurs : les crises économiques et financières successives, l’instabilité et la pression fiscale et l’affaiblissement de la culture financière des Français. La proportion du nombre d’actionnaires se rendant en AG reste à peu près stable dans les grandes lignes au fil des années. Les entreprises cherchent à s’appuyer davantage sur les nouvelles technologies pour renforcer le dialogue actionnarial.

Pourquoi la question des rémunérations semble-t-elle susciter davantage de tensions?

Nous ne sentons finalement les tensions pourtant attendues cette année… mais on constate de manière claire une attention plus particulière de la société civile et donc des actionnaires pour que les salaires des grands patrons soient en cohérence avec la politique de rémunération des entreprises d’une part et avec sa performance d’autre part. Cette année est celle de l’application de la loi avec le Say on pay, ce qui attire l’attention sur le sujet bien sûr. A part Elior (hors CAC) en début d’année, aucune résolution dans le CAC 40 n’a été rétorquée.

De quelle manière les démarches environnementales sont-elles mieux expliquées par les entreprises?

Globalement, et c’est vraiment une tendance forte, on note une intégration beaucoup plus forte des sujets entre eux dans les présentations des entreprises ; de plus en plus d’entreprises décloisonnent les sujets financiers et RSE. Les ONG ont fait de l’activisme assez fort les années précédentes et les entreprises sont maintenant mieux préparées pour traiter ces sujets là. Enfin, on constate que les entreprises se donnent des objectifs concrets à moyen-long terme et en parlent en AG. Par exemple, sur les émissions de gaz à effets de serre, Nexity a des objectifs à 10-15 ans, Air France KLM à 3-4 ans… Autre exemple, le Groupe PSA a choisi de faire une AG sans papier afin de baisser son empreinte environnementale.

Publié dansEconomieEntreprisesInvestissementMarchés et finance