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Comment faire revenir les Français en Bourse?

Face à la chute du nombre d’actionnaires individuels, les initiatives se multiplient pour faire les revenir en Bourse. L’enjeu? Le financement des entreprises.

Entre 2014 et 2016, le nombre d’actionnaires individuels en France est passé de 3,7 millions à 3 millions. Le taux de détention directe d’actions est passé de 13,8% en 2008 à 6,2% en 2016 (Kantar TNS, juillet 2016). L’Observatoire des actionnaires d’avenir, think & do tank destiné à explorer les futurs modes de relation entre les entreprises et leurs actionnaires, souhaite revitaliser la relation entre les Français et les sociétés cotées au moyen de l’investissement en actions durable et responsable. Celui-ci produira, cette année, un «position paper», qui aura pour vocation de démystifier la Bourse et de combattre un certain nombre d’idées reçues sur ce type de placements. 6 entreprises (Air Liquide, AXA, BNP Paribas, Engie, L’Oréal et Suez) et 14 personnalités prennent part à cette initiative.

«Nous avons lancé en 2014 une grande enquête auprès des actionnaires individuels, des actionnaires salariés et de l’ensemble des Français afin de mesurer leur appétence pour le «produit actions». Nous avions  détecté un certain nombre de signaux en faveur d’un regain d’intérêt pour l’investissement en actions : le contexte de taux bas, l’essor du crowdfunding… 6 Français sur 10 se disaient alors prêts à devenir actionnaires d’une entreprise française. En année 2, nous avons réalisé une enquête sur les freins pour comprendre ce qui les empêchait de sauter le pas. Trois principaux freins sont ressortis: la peur du risque, la peur de ne pas comprendre les mécanismes de la Bourse, mais surtout une déconnexion totale – dans l’esprit des Français – entre la Bourse et les entreprises», explique Alicia Couderc, en charge des contenus et de la coordination de cet observatoire.

Un lien à renouer avec les entreprises

Pour Alicia Couderc, il faut renouer un lien direct avec les sociétés, qui peuvent parfois apparaître comme distantes. «Nous aidons notamment des entreprises multinationales, dont les activités peuvent parfois paraître abstraites, à recentrer leur communication sur des projets concrets, en se focalisant sur l’activité des sites industriels dans les territoires, par exemple. L’actionnaire individuel est le partenaire d’une aventure industrielle. Il faut aussi rétablir un contact plus direct entre les actionnaires et la direction générale des entreprises. A travers l’actionnariat individuel, on peut agir comme en démocratie, en influençant les projets et en disposant d’un droit de vote en assemblée générale», souligne-t-elle. La publicité (radio, Web…) contribue également à populariser l’investissement en Bourse.

Les jeunes misent sur des entreprises leur étant proches

D’après une étude OpinionWay/Actionaria (octobre 2016), 77% des 18-35 ans pourraient envisager d’investir dans une entreprise. Cette action s’effectuerait essentiellement dans leur propre société, dans l’entreprise d’un de leurs proches, ou dans l’entreprise au sein de laquelle ils travaillent. «Près de 80% d’entre eux épargnent une partie de leur revenus. L’accès à l’emploi est le principal élément déclencheur de ce comportement d’épargne», soulignent toutefois les auteurs de l’enquête.

Au-delà de ce facteur essentiel, le renforcement de la pédagogie et de l’accompagnement autour de l’investissement en Bourse sont cités comme des éléments prioritaires. L’opérateur boursier paneuropéen Euronext vient quant à lui de lancer Best of Book, une offre destinée à proposer in fine aux investisseurs particuliers le meilleur prix possible lors de leurs transactions. Une première étape pour les faire revenir sur les marchés ?

L’Institut du capitalisme responsable se lance

Lancé le 26 janvier, l’Institut du capitalisme responsable compte s’emparer de ces thématiques. Pour Caroline de La Marnierre, directrice générale et fondatrice de l’Institut du capitalisme responsable, «l’entreprise n’est plus l’outil maîtrisable d’autrefois et on ne pourra plus désormais piloter qu’en mode VUCA : Volatilité, Incertitude, Compléxité et Ambiguité. Mais l’entreprise est un organisme vivant, sensible, équipé de capteurs à l’affut des signaux que lui adresse l’extérieur. Elle est donc capable d’adaptation, de plasticité, de métamorphoses, voire de mutations».

Plusieurs dirigeants de grands groupes ont rejoint son conseil d’administration (Elisabeth Borne, PDG de la RATP, Jean-Louis Chaussade, PDG de Suez, Michel Landel, DG de Sodexo, Frédéric Mazzella, PDG de Blablacar…) Un «indice de mixité» et un grand prix sont prévus, avec une analyse des entreprises du SBF 120 à travers des critères de mixité visant les niveaux exécutifs.

Publié dansEconomieInvestissementMarchés et finance