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Pourquoi la crise n'est pas finie

De récentes publications témoignent d’une persistance des symptômes de la crise.

60 % des Français estiment que « le plus dur reste à venir » concernant la crise économique et sociale qui bouleverse le monde depuis de nombreux mois. Ce sondage réalisé par BVA, dévoilé la semaine dernière, témoigne du pessimisme affiché au sein de la population quant aux perspectives de reprise.

« Les raisons de vraiment retrouver confiance se font rares pour le moment. S’ils ont relativement moins souffert de la crise que les Britanniques et les Américains, les Français se montrent plus pessimistes pour l’avenir dans les enquêtes d’opinion », explique aux Echos le directeur adjoint de l’institut BVA, Gaël Sliman. La crise, présentée comme moins forte en France qu’en Grande-Bretagne ou en Espagne par exemple, semble néanmoins impacter les ménages de manière conséquente: 30% des sondés font part d’une diminution du revenu de leur foyer depuis un an.

Les derniers chiffres publiés concernant le surendettement corroborent cette vision. Le nombre de dossiers déposés auprès de la Banque de France entre janvier et septembre s’apprécie de 17% par rapport aux neuf premiers mois de l’année 2008. De nombreux ménages ont massivement eu recours aux crédits renouvelables, ce qui a fait exploser le nombre de prêts consentis parmi les foyers les plus étranglés financièrement. L’endettement moyen a lui aussi rencontré une poussée significative, passant de 35.719 euros à 40.530 euros.

Dans ce contexte, l’inquiétude grandit quant aux conséquences d’une distribution trop souple des crédits aux ménages. La ministre de l’Economie Christine Lagarde s’est opposée à la suppression du crédit revolving, relevant le potentiel impact en termes d’emploi, pour se concentrer sur une responsabilisation des acteurs. Les associations de défense des consommateurs restent sur leur garde. Par ailleurs, les impayés augmentent. Le taux d’impayés provisoires a progressé de 15% entre 2008 et 2009 à l’Office public d’HLM de la Ville de Paris.

La difficile lutte contre le chômage

Le chômage constitue également un sujet de préoccupation majeur. Selon les prévisions de l’Unedic, l’assurance chômage, le taux de chômage atteindra 9,7% à la fin de cette année, pour grimper à 10 % à la fin de 2010. En Europe, les modèles divergent sur les moyens de favoriser un retour rapide à l’emploi. Au Royaume-Uni, 66% des dépenses publiques allouées à l’emploi concernent des incitations, tandis la France privilégie une politique d’indemnisation (55% de ces dépenses). Les Pays-Bas, la Norvège et le Danemark jouent pour leur part la carte de la consommation, en assurant des revenus de remplacement supérieurs à 70%.

« Les modèles sociaux gagnants sont ceux qui seront capables de générer une croissance durable, et socialement juste », indique au Monde Bruno Palier, chercheur au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof). En période de crise et de doutes, les gouvernements européens multiplient les pistes, au risque de brouiller leur message.

La décrue du chômage et la poursuite de la baisse des prix semblent donc constituer des perspectives auxquelles les différents acteurs ne peuvent manifester que de l’impatience.

Publié dansEconomiePolitique éco