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Le marché du vin se premiumise et se globalise

Le salon Vinexpo s’ouvre dans un paysage marqué par la premiumisation de la demande et l’essor de la demande émanant des pays émergents.

Du 14 au 18 juin, le salon Vinexpo réunira les acteurs mondiaux du vin à Bordeaux. Il s’ouvre dans un marché toujours plus mondialisé.

« Dans un grand nombre de pays producteurs, les marques nationales peuvent être perçues comme la norme. A l’échelle internationale, cependant, elles peuvent être commercialisées avec une prime ou même en tant que produits super-premium. En outre, les disparités fiscales entre les pays producteurs tels que la France, l’Italie et l’Allemagne et des régimes fiscaux plus punitifs tels que le Royaume-Uni, la Scandinavie ou dans certains pays d’Asie du sud-est peuvent davantage accroître ces différences avec une marque vendant à 5 dollars sur un marché et 25 euros, voire plus, sur un autre », indique l’institut de recherche spécialisé IWSR.

Les producteurs constatent, à leur niveau, ces évolutions. « Nous constatons une premiumisation de la demande, avec une clientèle nationale et internationale de plus en plus avisée. La demande en vins de Bourgogne est en hausse sur les marchés émergents, notamment sur les appellations très connues, contrairement aux marchés traditionnels, où la demande baisse en valeur mais se repositionne sur des appellations plus confidentielles qui ont gagné en qualité ces dernières années », explique à Business & Marchés Jean-François Joliette, président de la maison Louis Max.

« Le marché français est frileux depuis quelques années. Celui de l’Europe de l’ouest reste stable. Nous constatons une légère hausse en Amérique du Nord et du Sud et une forte hausse en Asie », abonde Gontran Dondain, propriétaire du Château Cabezac et de Mas Cazelles, ainsi que de la Cavellerie en Pays d’Auge.

De multiples initiatives

Face à cette nouvelle donne, les initiatives ne manquent pas. « Grâce à nos différents domaines en Côtes de Nuits, Corbières et Côtes du Rhône, nous avons la capacité de répondre à aux différents types de demande, à la fois de façon pérenne et qualitative. D’autant plus que nous avons fait le choix du bio depuis de nombreuses années, ce qui confère un avantage compétitif certain », ajoute Jean-François Joliette. « Nous avons augmenté notre capacité de production de 35% dans le Sud-Ouest grâce à l’achat de nouvelles parcelles, réalisé des investissements importants en cave et en cuverie de manière à améliorer la qualité des vins, et mis en place, depuis 2014, une collaboration avec le vigneron David Duband pour la vinification et l’élevage de l’ensemble des vins de la Mais. »

« Nous restructurons la propriété (100 hectares plantés) en fonction des nouveaux marchés émergents. Nous consacrons aussi toute notre passion à notre cru Minervois Cazelles (dont l’homologation prévue en juillet 2015), futur Grand cru Cazelles d’ici 2 à 3 ans si les 7 producteurs du plateau de Cazelles continuent leurs efforts afin de produire des vins de grande qualité », précise pour sa part Gontran Dordain, qui développe également l’oenotourisme : « chez nous, il n’est pas considéré comme un produit d’appoint mais comme un produit dérivé à part entière. »

Photo : Fresh organic grape on vine branch par Shutterstock/Symbiot

Publié dansEconomieEntreprisesIndustrie