Aller au contenu

Les BRIC atteignent leur apogée

Le groupe de pays émergents, constitué par le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine a fait preuve d’une étonnante santé lors de la crise.

Efforts accrus sur la régulation du secteur financier, point d’étape sur les plans de relance… Le G20, qui s’est réuni le week-end dernier à Pittsburgh, aux Etats-Unis, a été l’occasion de réunir puissances installées et en devenir. Le sommet a permis de consacrer le rôle joué par les pays émergents, leur poids au sein du Fonds monétaire international étant amené à s’accroitre. 5 % des droits de vote de l’institution seront transférés à d’autres Etats, une réponse à une demande de longue date.

Cette annonce s’inscrit dans un changement de statut des pays émergents, visible depuis plusieurs années et amplifié par la crise. Leur étonnante capacité de résistance dans un contexte économique mondial bouleversé a permis à de nombreux Etats d’acquérir une légitimité sur la scène internationale. La Chine devrait voir son PIB progresser de 8 % cette année, et l’Inde de 6 %. Le groupe des BRIC – Brésil, Russie, Inde, Chine – théorisé en 2001 par Goldman Sachs semble atteindre son apogée.

« Le monde a besoin d’une architecture économique et financière juste, équitable et bien gouvernée. Nous ne pouvons pas rater cette occasion de changer les pratiques, les règles et les structures internationales, pour que l’économie mondiale puisse mieux résister aux crises futures », expliquaient début septembre les quatre pays dans un communiqué commun. Leur rapprochement, particulièrement visible depuis le sommet d’Ekaterinbourg de juin, est à même d’appuyer leur influence.

De récents chiffres les confortent dans leur volonté d’accroître leur poids politique. La Bourse de Moscou a grimpé de 64% depuis mars dernier. Les principaux indices de Bombay (79 %), Shanghaï (40 %) et de Sao Paulo (37 %) le prouvent également: les marchés boursiers affichent des performances exceptionnelles, signe d’un dynamisme sans égal. Le seul groupe Brésil-Russie-Inde-Chine a levé 67 % du total des introductions en Bourse effectuées au second trimestre, pour une valeur de 6,6 milliards de dollars. Les pays développés n’ont représenté que 30 % des introductions sur cette durée.

Et demain ?

Dans ce contexte, difficile de ne pas rechercher quels seront les BRIC de demain, ces pays en voie d’industrialisation – et/ou de fort développement –, afin de miser sur leur potentiel dès maintenant. L’Indonésie semble particulièrement bien s’y prêter. Avec une Bourse à l’ascension vertigineuse (+ 80 %) depuis le début de l’année, une croissance économique de 4,2 % au premier semestre, et un plan de relance salué par le FMI, comment ne pas s’y intéresser ? Un point noir toutefois, les exportations, en chute de 20 % au premier trimestre.

En phase de sortie de crise, les gouvernants se prêtent plus facilement à un mea culpa sur leur politique économique, des déclarations essentielles pour les investisseurs. La Russie affiche ainsi, selon son président Dmitri Medvedev, une « humiliante dépendance aux matières premières ». «  A de rares exceptions près, nos entreprises ne créent pas les biens et la technologie nécessaires à la population », a-t-il récemment déclaré.

Un point réconfortant toutefois pour le chef d’Etat: la spectaculaire remontée des prix du baril de brut, passés de 33 dollars en décembre dernier aux environs de 66 dollars aujourd’hui. (Encore) une nouvelle positive du point de vue d’un pays qui a littéralement émergé.

Publié dansEconomiePolitique éco