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Banques: un semestre à hauts risques

L’étude des résultats semestriels des banques révèle une situation contrastée au sein d’un secteur au coeur de la crise.

Un an après la faillite de Lehman Brothers, qui signait le début d’une tempête financière sans précédent à l’échelle du globe, les établissements bancaires commencent seulement à se remettre de la crise, mais risquent d’affronter une fin d’année plus tumultueuse que leurs résultats ne le laissent penser. Parmi les principales banques européennes, la plupart affichent un bénéfice net positif, certes plus contrasté qu’auparavant, mais au rendez-vous.

En France, la Société Générale et la BNP ont profité des turbulences pour remodeler leur périmètre d’activité: la première s’est partiellement désengagée de la gestion d’actifs, le rapprochement avec Crédit Agricole Asset Management étant en cours, tandis que la seconde a intégré une partie des activités de Fortis, l’établissement belgo-néerlandais cédé à la découpe à l’automne dernier. De bonnes performances dans la banque de détail et l’envolée des cours en Bourse ne doivent cependant pas occulter les risques qui pèsent, aujourd’hui encore, sur les banques.

Des résultats encore fragiles

Le bénéfice net de la banque franco-belge Dexia a fait les frais de la crise. Il s’est élevé à 283 millions d’euros au quatrième trimestre, contre 532 millions un an auparavant. Ces résultats prouvent le difficile redressement de l’établissement spécialisé dans le financement des collectivités locales, malgré des réductions de coûts. Les provisions qu’ont dû effectuer les banques sont aussi à mentionner, en forte hausse sur un an dans la plupart des établissements. Le coût du risque est également à mentionner.

Le bilan noir des banques américaines

Selon la Federal Deposit Insurance Corp, les pertes de l’industrie bancaire américaine se sont élevées à 3,7 milliards de dollars au second trimestre, contre un bénéfice de 7,6 milliards de dollars au premier trimestre. Cette brutale détérioration des résultats des banques n’est qu’un nouvel épisode dans la décadence des établissements bancaires américains, mise au grand jour en 2007 avec l’émergence de la crise des subprimes. Depuis le début de l’année, 81 banques ont été fermées par la structure chargée de superviser les structures à risques du secteur, contre 25 l’an dernier: en dépit de chiffres encourageants sur le front de la croissance, les banques restent encore le point noir de l’économie américaine.

La montée des risques de crédit

Si un poste est en hausse constante depuis plus d’un an, il s’agit bien des provisions passées par les banques pour se prémunir face aux défaillances de leurs créanciers. Mises sous pression par le gouvernement et le médiateur du crédit pour qu’elles accentuent leur soutien à l’économie, les banques doivent en parallèle renforcer leur vigilance dans le cadre de la sélection des dossiers. «  Il va leur falloir être plus sélectives dans leurs procédures de crédit, optimiser leur base de clientèle actuelle et renforcer les procédures de recouvrement », expliquent les auteurs d’une étude réalisée par Oliver Wiman. La progression du coût du risque est un élément majeur à prendre en compte.

Ces nombreux paramètres seront suivis de près par les analystes, la crainte de nouvelles difficultés dans le secteur bancaire n’étant pas fortuite.

Publié dansEconomieMarchés et finance