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« Le Compte-Nickel a séduit l’ensemble de la population »

Borne Compte-Nickel

Hugues Le Bret souligne que le Compte-Nickel, sans banque, a séduit une cible bien plus large qu’initialement prévu. Il vise désormais le marché des professionnels.

Depuis son lancement en février 2014, le Compte-Nickel a déjà conquis 300.000 clients. Pouvant être souscrit chez les buralistes, ce compte sans découvert possible et sans crédit mise sur la simplicité. Il est commercialisé au prix de 20 euros par an (la somme dépensée par un-tiers des clients), auxquels s’adjoignent des prestations à l’acte, tels les dépôts ou retraits d’espèces, pour un panier moyen de 49 euros. Hugues Le Bret, président de Financière des paiements électroniques, la société qui porte le Compte-Nickel, revient sur ce succès pour Business & Marchés.

Comment se développe le Compte-Nickel, plus de deux ans après son lancement?

Hugues le Bret − Nous avons dépassé la barre des 300.000 clients, avec une hausse de 20.000 clients par mois. Le Compte-Nickel répond à une attente de la population plus large qu’on ne le pensait. 1/3 des clients déposent en moyenne 2200 euros sur le compte, et 40% des clients déposent moins de 500 euros. Le segment des actifs, salariés, cadres, artisans… représente plus de 60% de nos clients. 30% de nos clients sont sans revenus réguliers ou sans emploi, 7% sont étudiants et 3% sont retraités.

Comment expliquez-vous cet engouement?

Le taux de satisfaction s’élève à 97%. Le facteur-clef de succès, c’est la simplicité et la transparence : pas de frais cachés, pas de pièges… L’objectif de nos clients est de reprendre le contrôle sur leur compte, et de ne pas dépenser plus que ce l’on a. On peut suivre l’état de son compte sur le site internet, par message ou sur l’application, à chaque dépense. L’autre facteur-clef de succès est l’ouverture en 5 minutes chez son buraliste : plus de 1650 points de vente sont disponibles à proximité, ce qui rassure. Dès notre lancement, la Confédération des buralistes de France a souhaité en faire un projet d’avenir principal. Elle est actionnaire de la société à hauteur de 6,1% (5% à ses débuts). Les buralistes nous distribuent en exclusivité.

Quels éléments vous ont surpris ou ont dû être ajustés depuis le lancement?

A l’origine, nous pensions aux personnes les plus défavorisées, mais le Compte-Nickel touche l’ensemble de la population. La deuxième surprise a été que le syndicat professionnel des buralistes en fasse un projet stratégique prioritaire, ce qui nous a donné un élan formidable. Nous avons eu, de plus, un énorme écho médiatique. Dès le démarrage, nous avons ouvert 6 à 7 fois plus de comptes que prévu. Au début nous fabriquions nous-mêmes les bornes nécessaires à la création de comptes, et nous avons fait évoluer le processus.

Les fintechs constituent-elles, pour vous, une menace ou une chance?

Quand Orange Banque arrivera, ils communiqueront massivement, mais ce sera un nouveau coup de projecteur sur le fait que l’on n’a pas forcément besoin d’aller à la banque. Notre offre est très simple, sans crédit et sans épargne. L’élargissement de l’offre d’acteurs permettra aux clients de faire plus facilement leur choix sur le marché. Nous pourrons, aussi, nous associer éventuellement à des fintechs sous forme de partenariats.

De quelle manière souhaitez-vous aborder le marché des professionnels?

Nous lancerons prochainement un compte pour les professionnels (moins de 2 millions de chiffre d’affaires et moins de 10 collaborateurs). Nous avons l’agrément de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et les infrastructures. Nous avons passé un accord avec l’Ordre des experts-comptables. Les artisans-commerçants-professions libérales économiseront plusieurs centaines d’euros par an. Pour l’heure, on se focalise sur le développement de 100 points de vente par mois.

A propos de l'auteur
Journaliste à L'Usine Nouvelle, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
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