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En hausse, le charbon demeure une source d’énergie incontournable

Les inondations en Australie remettent le charbon sur le devant de la scène. Ce combustible constitue une source d’énergie encore indispensable au niveau mondial.

A l’heure où la viabilité des énergies renouvelables est sujette à débat, les énergies fossiles ne se sont jamais aussi bien portées. En témoignent la vigueur des cours du pétrole mais également de ceux du charbon, tirés par les inondations qui affectent l’Australie depuis plusieurs semaines, et plus particulièrement la région du Queensland, l’un des premiers producteurs mondiaux.

« 75% de nos mines sont actuellement à l’arrêt en raison de ces inondations, qui ont donc un impact massif sur les marchés internationaux et sur le secteur international de l’acier », indiquait début janvier le Premier ministre du Queensland, Anna Bligh. Afin de se prémunir contre d’éventuels retournements de la part de leurs clients, Anglo American, Rio Tinto ou bien encore Xstrata se sont déclarés en cas de force majeure, leur permettant pour l’instant de ne pas honorer leurs contrats passés. Il y a trois ans, la remise en service de l’ensemble des capacités de production avait pris 6 mois, un délai que les acteurs espèrent voir raccourci cette fois-ci.

Deuxième exportateur de charbon thermique, l’Australie est avant tout à l’origine de la moitié du charbon métallurgique consommé dans le monde. 40% du commerce international du charbon à coke, un intrant de l’acier, en dépend. Les sidérurgistes devraient rapidement répercuter l’accroissement des prix du charbon, pénalisant les secteurs pour lesquels l’acier demeure un matériau essentiel à leur production. La demande asiatique, en plein accroissement, contraignait déjà le marché, qui se retrouve avec un second facteur de hausse.

Fossile, mais toujours indispensable

Si la fermeture des mines de charbon avait frappé le Nord de la France il y a plusieurs années, symbolisant la désindustrialisation de la région, cette source d’énergie n’en demeure pas moins d’actualité. 27% de l’énergie utilisée sur le globe émane du charbon, deuxième source employée derrière le pétrole. Ce combustible sert à 70% dans le cadre de la production d’électricité et à 10% pour l’élaboration d’acier, selon Jean-Marie Martin-Amouroux, ancien directeur de Institut d’Economie et de Politique de l’Energie.

« Contrairement au pétrole, le charbon ne risque pas de s’épuiser dans les prochaines années : c’est la seule ressource fossile quasi illimitée. Le pétrole et le gaz auront des durées de vie moins longues. Si l’on divise les réserves de charbon connues par la production annuelle, nous avons du charbon pour encore 150 ans », expliquait récemment ce dernier, dans un entretien accordé à Nord-Eclair. Ces chiffres expliquent notamment la vigueur des mouvements capitalistiques dans le secteur: Rio Tinto souhaite ainsi acquérir le producteur africain Riversdale pour la somme de 3,8 milliards d’euros, un projet notamment contré par le brésilien Vale.

Une des clefs de la singularité de ce marché peut résider en l’absence de contrat de référence sur les marchés financiers, contrairement aux métaux ou au pétrole. Les négociations ont pour interlocuteurs principaux le producteur et l’acheteur, les intermédiaires commençant à prendre leur part sur ce segment.

L’enjeu pour les acteurs du marché consiste donc à anticiper, actuellement, les variations tarifaires liées aux événements climatiques et, plus généralement, malgré des défauts environnementaux évidents, appréhender les évolutions du secteur, tant au niveau des firmes que des modalités de transaction.

Publié dansEconomie