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Comment l’hôtel Royal Madeleine s’est relancé à Paris

A Paris, l’hôtel Royal Madeleine a été entièrement restructuré. Au programme, 58 chambres à l’esprit cocooning, un bar ouvert sur le quartier et davantage de services.

Entre l’imposant flux de la gare Saint-Lazare et le prestige de la rue Royale, la rue de l’Arcade longe, dans le 8ème arrondissement de Paris, la rue Tronchet à un rythme moins effréné. Cet emplacement privilégié permet au Royal Madeleine de prétendre capter une clientèle mêlant affaires et loisirs. L’hôtel (4 étoiles) a été désossé – seuls les murs ont été conservés – pour de grands travaux lui permettant, aujourd’hui, de jouer dans la cour des grands.

« Mes parents ont acheté l’hôtel en 1976. Ils n’étaient pas issus de l’hôtellerie. De grands travaux avaient été engagés. En 1987, l’hôtel a été mis en location-gérance sous enseigne Mercure (Accor). J’en ai repris la gestion en 2015 », indique la propriétaire de l’hôtel, Coralie Legrand. Issue d’une école de commerce et d’un poste dans la publicité et l’édition, elle a ensuite suivi une formation en hospitality management. L’objectif de la restructuration était de retrouver un aspect «maîtresse de maison». 59 chambres, dont quatre suites terrasse et quatre suites duplex composent l’offre, contre 68 chambres auparavant.

Du cocooning aux normes

Royal Madeleine - Hôtel à Paris

« Grâce à cette nouvelle offre, nous pouvons nous distinguer des hôtels environnants », se réjouit Guillaume Bourdon, directeur commercial d’Assas Hôtels. L’entreprise dispose d’un mandat de gestion jusqu’en 2020. Des niveaux d’étages ont été créés, tout comme des escaliers et un nouveau lobby qui relie les deux immeubles. Deux salles de conférences, des chambres « de luxe » (environ 400 euros par nuit en haute saison), des chambres « supérieures » et une suite atypique, la suite Cocolili, cachée entre le passage Puteaux et la verrière du restaurant sont disponibles. Un impressionnant espace bien-être, avec piscine, a été creusé.

Royal Madeleine - Hôtel à Paris

« Nous avons pu nous mettre aux normes et nous inscrire dans la tendance du cocooning, précise Coralie Legrand. Les attentats de novembre 2015 ont fortement impacté la fréquentation des hôtels parisiens, mais j’ai eu la chance d’être suivie par les banques. Le nombre d’hôtels qui se sont créés et rénovés ces deux dernières années est impressionnant. » 27 personnes composent l’effectif, avant une montée en charge progressive. La tarification des chambres est, elle, passée en yield afin d’être plus réactive. L’établissement entend au maximum conserver la main sur sa commercialisation.

Un bar de quartier

Royal au Bar - Kévin Mathevon, bartender

Côté restauration, « le touriste veut se mélanger aux Parisiens. On vise vraiment la clientèle de quartier. Notre restaurant reste abordable en termes de prix, de 15 à 30 euros au déjeuner. Quant au bar, il n’est pas guindé ! Les prix sont très abordables », poursuit la chef d’entreprise. Elle s’est appuyée sur l’équipe d’Hold me tight, qui accompagne Assas Hôtels sur ses différents projets et qui gère les bars RPR (à Charonne), Mini Pong et Pile ou face (à Pigalle). La feuille de route : en faire un bar ouvert aux clients du quartier, avec son entrée.

« Le bar est dissocié de l’hôtel, explique Kévin Mathevon, bartender. Nous ne nous revendiquons pas comme mixologues et nous proposons des cocktails qui vont parler à nos clients. Le Gin basil smash (gin, basilic, citron et tonic), le cocktail que nous vendons le plus dans nos bars, en est l’emblème. » Un happy hour (avec un cocktail à 8 euros et une pinte de bière Mell’s brau, une pils légère, à 5 euros) est proposé lors de la sortie des bureaux, dans un quartier connu pour sa clientèle d’affaires.

Gin basil smash - Royal au bar

Hold me tight a imaginé la carte, le mobilier; a recruté et formé le personnel, constitué les stocks, et assurera un suivi des opérations dans le cadre de sa mission de consulting. Deux personnes derrière le bar sont présentes, ainsi qu’un serveur. « Il y a une vraie pénurie de personnel dans l’hôtellerie-restauration », regrette toutefois Kévin Mathevon. L’offre food est volontairement réduite. Elle est incarnée par un hot-dog « à notre façon ». Une façon de prendre en main son destin qui sied bien au Royal Madeleine.

Publié dansEconomieEntreprisesServices