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Applications mobiles professionnelles: un déploiement complexe

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Le succès de l’iPhone a précipité la demande pour un usage mobile des progiciels. Les solutions disponibles peinent toutefois à satisfaire des exigences de sécurité et de spécificité.

Si les usages des applications mobiles professionnelles semblent sans limite, la question de leur déploiement pose en revanche problème. Malgré la démocratisation des smartphones et des tablettes, qui ont en l’espace de quelques années fait entrer l’usage du Web mobile sur le marché grand public, les entreprises restent encore frileuses quant à l’adoption de solutions largement répandues – iPhone, iPad, Android, etc.

La sécurité et la différenciation des types d’utilisations sont au cœur de cette problématique, comme le rappelait mercredi au salon Buzzness Mobile Yann de Saint-Vaulry, président de Daxium Software, une société proposant d’élaborer, dans un cadre B to B, des applications mobiles en accès décentralisé. Afin de gérer d’importantes quantités de données métier spécifiques et de pouvoir générer des rapports, les applications doivent être adaptés à un usage professionnel, ce que ne permettent pas forcément les services disponibles sur les app stores classiques.

Jean-Pascal Ancelin, directeur général de MicroStrategy, ajoute que la business intelligence ne peut se concevoir sans outils spécifiques, l’enjeu étant de tendre vers l’opérationnel afin de faciliter la prise de décision. Les forces de vente, par exemple, doivent pouvoir visualiser en temps réel les indicateurs-clefs de chaque magasin et communiquer au siège leurs rapports sur le terrain, dans un environnement ergonomique et sécurisé. La Fnac est ainsi en possession d’une application permettant, à partir de Google Maps, de localiser un magasin et de consulter les chiffres de vente en temps réel.

Des besoins spécifiques insuffisamment pris en compte

Un tel outil nécessite, comme pour d’autres applications telles que les terminaux équipant les contrôleurs SNCF, soit un développement adapté à une plateforme particulière (iOS, par exemple), soit des terminaux adaptés, comme en sont dotés les cheminots. Les PDA « durcis » demeurent aujourd’hui, pour Yann de Saint-Vaultry, la solution la plus appropriée à un usage professionnel, afin de pouvoir résister à de rudes conditions d’utilisation et intégrer rapidement des technologies clefs. De plus, la possibilité, sur des appareils « grand public », d’accéder aux réseaux sociaux ou à une connexion peu sécurisée effraie – à juste titre ? – les directeurs de systèmes informatiques.

La gestion des données stratégiques figure en bonne place parmi les appréhensions et les priorités des entreprises. L’aspect transactionnel des applications doit ainsi être compris par les développeurs, mais sans obérer la protection des informations vitales pour les sociétés. L’iPhone et l’iPad présentent l’avantage d’être particulièrement ergonomiques, mais peinent à prouver leur degré de fiabilité en termes de sécurité. Le Blackberry s’est pour sa part davantage imposé sur cette question, mais présente peu d’avantages en termes d’interactivité. La mise en place d’applications transactionnelles métiers ne se fait donc pas sans heurts, l’enjeu étant de concilier les attentes des firmes avec les habitudes prises par leurs salariés.

La récente offensive de SAP témoigne de la prise en compte de ces questions par les éditeurs de progiciels, qui ne peuvent laisser échapper ce marché naissant mais prometteur à de potentiels concurrents. Avec deux applications destinées aux équipes de terrain – pour la réception d’ordres de service en temps réel – et aux fabricants pour la grande distribution – en communiquant des rapports de visite en magasin -, l’entreprise allemande tente de s’imposer sur le segment de la mobilité, nécessitant une conception plus « fluide » des logiciels que sur grand écran.

Représentant aujourd’hui 20% des applications métiers, les applications mobiles professionnelles semblent vouées à un fort développement, mais devront mieux intégrer les besoins de sécurité et d’ergonomie pour séduire. Avec toute une armée de commerciaux équipés d’iPhone ou de Blackberry, il devient difficile pour un DSI d’ignorer les aspirations de ses salariés !

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A propos de l'auteur
Journaliste dans la presse professionnelle, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
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