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Le globe face à l'hypothèse d'un ralentissement de l'économie américaine

Dans quelle mesure l’hypothèse d’une récession de l’économie américaine influerait-t-elle sur l’économie mondiale ? Le Canada et le Mexique, dont les économies s’avèrent fortement dépendantes des Etats-Unis, seraient les premiers concernés.

L’ampleur de la crise financière se dévoile de jour en jour depuis l’été dernier, ce qui perturbe les décisions des investisseurs sur le long terme. Or, il apparaît que les Etats-Unis, d’où sont partis les premiers signes de la crise par le biais des défaillances liées aux crédits dits subprimes, sont à même d’influer sur le cours de l’économie mondiale. La croissance américaine montre depuis quelques semaines de sévères signes de ralentissement qui pourraient conduire le pays à entrer en récession, du jamais-vu depuis 2001. La Fed, la Réserve fédérale américaine, tente sous la houlette de son patron Ben Bernanke, de retarder cette hypothèse à coups massifs de baisse des taux.

En cas d’une récession de l’économie américaine, le niveau des importations s’en trouverait fortement affecté, si l’on en croît les économistes de la Société Générale dans une étude consacrée au sujet. La diminution des importations américaines impacterait de facto les exportations des pays partenaires; de ce fait, le PIB de ces zones serait plus ou moins touché en fonction du niveau de dépendance entretenue avec les Etats-Unis. Le Canada et le Mexique, alliés dans l’Alena, l’accord de libre-échange nord américain, apparaîssent comme les plus vulnérables. 82% des exportations du Canada s’effectuent vers les Etats-Unis, et le pays compte pour 22% des exportations du géant américain. De plus, 86% des exportations mexicaines sont en direction des Etats-Unis; le Mexique représentant 13% des importations étatsuniennes. L’Europe semblerait aussi concernée, les effets de l’euro fort contribuant déjà à une situation délicate pour le Vieux Continent.

Si l’on prend en compte en revanche les conséquences en fonction du type de biens exportés vers les Etats-Unis, ce sont les Etats exportateurs de biens de consommation et d’automobiles qui seraient les premiers concernés, les pays producteurs de pétrole semblant relativement épargnés compte tenu des besoins élevés des automobilistes américains, malgré un prix à la pompe qui s’est envolé en quelques mois. Les investissements directs à l’étrangers seraient aussi affectés.

Selon la Fed, les anticipations d’inflation ont augmenté et l’incertitude sur les perspectives d’inflation ont progressé ces dernières semaines. Le choc en sera d’autant plus dur pour la première puissance économique du globe.

Publié dansEconomieMarchés et finance