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Social : opération déminage avant les législatives

Industrie en crise, réforme des retraites délicate, difficultés dans la zone euro : le gouvernement est, à moins d’une semaine des élections, sur tous les fronts.

Semaine à hauts risques pour le gouvernement. Si le premier tour des législatives semble, a priori, une formalité pour la nouvelle équipe au pouvoir, il n’en demeure pas moins un véritable test quant à la confiance qu’accordent les électeurs à l’exécutif pour gérer une situation économique délicate. Les nombreuses informations de ces derniers jours confirment que le mandat de François Hollande débute dans un climat tumultueux, à travers des dossiers aux enjeux à la fois locaux et nationaux.

Doux : l’agriculture en émoi. La mise en place, par le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, d’une « cellule d’appui de la filière avicole » avait pour objectif premier de rassurer les éleveurs sous contrat avec le groupe Doux. Les prochaines factures seront réglées au comptant, un moyen de relâcher temporairement la situation d’exploitants pris à la gorge par les retards accumulés ces dernières semaines. « Il y a quelques années, il honorait ses factures à 30 jours, nous sommes désormais à 110 jours », indique ainsi un éleveur finistérien au correspondant rennais des Echos.

Plans sociaux : une bombe à retardement ? La remise, par la CGT, d’une liste de plans sociaux générant une potentielle destruction de 45.000 emplois constitue une mise en garde pour le gouvernement : l’Etat doit, selon le syndicat, qui a soutenu François Hollande dans le cadre de l’élection présidentielle, intervenir pour limiter la casse. Le maire socialiste de Saint-Dié des Vosges a fait part, ce lundi, de l’hypothèse de la création d’un commissariat à la compétitivité, tandis qu’une mission « d’expertise » vient d’être diligentée sur le site d’Arcelor Mittal de Florange par le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg. Ce dernier se penchera par ailleurs, d’ici la fin du mois, sur la situation de l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois.

Retraite : comment marcher sur des œufs… Le Parti socialiste a promis, dès l’instauration de la réforme des retraites sous l’égide de Nicolas Sarkozy, de revenir sur les mesures adoptées, tout en prenant restant prudent quant à l’éventualité d’un retour au droit au départ à l’âge de 60 ans pour tous. Celui-ci devrait être, selon des sources concordantes, partiel, et favoriser les femmes ayant eu des enfants et ayant commencé à travailler à l’âge de 18 ou 19 ans. Le bassin de population concerné est actuellement en débat, selon Les Echos, qui avançaient la semaine dernière que la nouvelle réforme coûterait finalement moins cher qu’initialement escompté.

Finances publiques : le choc des points de vue. « Ce qui se passe en Espagne est gravissime, et l’incendie est maintenant aux portes de la France », met en garde, dans le Figaro, Gilles Carrez, jusqu’alors rapporteur général UMP du budget à l’Assemblée nationale. La part de l’Espagne dans le PIB de la zone euro s’élève à près de 13%, contre 2,5% pour la très médiatisée Grèce. Cette situation incite par conséquent à la prudence, l’Inspection générale des finances suggérant notamment des mesures pour économiser 5 milliards d’euros d’ici 2017. Pour le ministre de l’Economie Pierre Moscovici, le déficit public sera ramené à 3% d’ici 2013 « sans mesure d’austérité »… Qu’elle soit assumée ou non, est présente dans tous les esprits.

Publié dansActualité socialeEconomiePolitique éco