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Pétrole: la tendance reste à la hausse

Nouveau record en séance pour le baril de pétrole brut WTI à New York. A 129,60 dollars le baril (plus de 132 ce mercredi), c’est un nouveau coup qui est porté aux consommateurs d’or noir, et un nouveau symbole d’une bulle qui se construit progressivement autour des matières premières. « Nous sommes aujourd’hui au coeur de la flambée des cours des ressources naturelles. Il s’agit du mouvement haussier le plus important depuis les années 1970. En prix courants, et souvent même en prix constants, la plupart de ces produits ont établi des nouveaux records. La crise est loin d’être finie« , explique aux Echos Philippe Chalmin, professeur à l’Université Paris-Dauphine.

Cette tendance de fond concernant les commodités affecte la plus médiatique d’entre elles, le pétrole. Des facteurs immédiats, la plupart du temps géopolitiques, sont à l’origine des mouvement haussiers, ainsi que des causes plus profondes telles que la hausse de la demande et la raréfaction des ressources, ou bien encore l’arrivée d’investisseurs davantage propices à spéculer. Aux Etats-Unis, de nouvelles craintes sur l’approvisionnement se propagent suite à l’annonce faite ce lundi par le raffineur Holly Corporation de la fermeture pendant plusieurs jours d’une de ses unités de production dans l’ouest du territoire. 55.000 barils par jour seraient concernés.

Face à cette flambée des cours, les Etats-Unis réduisent leur propension à consommer du pétrole. Pour la première fois depuis 1970, les importations de pétrole y ont reculé ! Au premier trimestre, la part de pétrole extérieur dans la consommation américaine est passée de 58,2% à 57,9% sur la même période un an auparavant. Les premiers effets de l’Energy Independence and Security Act, un texte voté en décembre dernier, se font d’ores et déjà sentir. Il s’agit de développer les économies d’énergies, l’usage de véhicules plus économes, et de développer les énergies propres.

Le secteur pétrolier se trouve cependant confronté à une pénurie de main-d’oeuvre. Après avoir procédé à des licenciements dans les années 1990, où le baril se trouvait à moins de dix dollars, les entreprises embauchent à nouveau compte tenu des perspectives qui leur sont offertes par un regain d’intérêt autour des matières premières et des potentielles possibilités de diversification dans le domaine des énergies renouvelables. Ingénieurs, techniciens de projet et géophysiciens sont donc recherchés.

Publié dansEconomie