A Ermenonville (Oise), forte d’indicateurs solides en 2025, La Mer de Sable reconfigure en profondeur son offre de spectacles en 2026, avec l’ambition d’élargir sa cible, tout en consolidant son modèle économique fondé sur la fidélisation.
Propriété du groupe Looping (21 sites en Europe, 7,5 millions de visiteurs annuels) depuis 2015, La Mer de Sable a engagé une refonte de son offre de spectacles pour sa saison 2026. Le parc d’attractions d’Ermenonville (Oise) cherche à consolider les indicateurs de performance enregistrés en 2025 : une satisfaction globale de 8,02/10, une intention de revisite de 81% et un taux de recommandation de 85%. Le site regroupe près de 30 attractions et activités ludiques.
L’annonce majeure de cette saison réside dans la restructuration de l’offre de spectacles, pour laquelle un appel d’offres a été lancé auprès de six compagnies spécialisées. Ce qui a amené à la programmation de trois rendez-vous quotidiens : «Le secret de la Mine d’argent» à 13 heures, «La légendaire attaque du train» à 15 heures et «La grande chevauchée de l’Ouest» en fin de journée.
Antoine Lacarrière, le directeur général du parc, rappelle l’importance historique de ce volet : «Nos visiteurs les plus anciens se souviennent de « L’attaque du train » : ce qui a marqué La Mer de Sable, ce sont des histoires». Des pré-shows sont désormais intégrés afin de contextualiser les intrigues auprès du public avant le début des représentations.
Des spectacles amenés à évoluer au fil du temps

Durant le nouveau spectacle « Le secret de la Mine d’argent ».
«Le secret de la Mine d’argent», joué dans un décor de western, prend la forme d’un jeu de cascades épiques, avec une petite touche d’humour. Quelques longueurs caractérisent toutefois la représentation, avec un scénario qui mériterait d’être mieux rodé. «Quand on monte des spectacles, le principal problème, c’est le rythme – cela évoluera dans trois semaines, dans trois mois…», indiquait Antoine Lacarrière lors de l’ouverture de la saison, le 11 avril.

Le train de La Mer de Sable est toujours en service.

Le train n’est plus attaqué, mais le spectacle iconique de La Mer de Sable demeure, dans une version revisitée.
Pour qui a connu le parc il y a plusieurs années, il était possible de traverser une large partie de l’étendue de sable. Hélas, ce n’est plus possible, mais l’on retrouve avec plaisir une nouvelle version de «La légendaire attaque du train», que l’on peut apercevoir sur des gradins ou bien depuis le célèbre train, toujours dans son jus. Le train, qui peut contenir jusqu’à 120 personnes, n’est plus attaqué, mais offre un autre point de vue sur le show. Les combats ne sont pas encore assez rapprochés, les cascadeurs cherchent leurs marques, mais le spectacle est bien ficelé et rassemble l’ensemble de la famille.

« La Grande chevauchée de l’Ouest » conclut la journée.
«La grande chevauchée de l’Ouest» est pour sa part un spectacle de cavalcades équestres, qui conclut avec brio la journée.
De nouveaux personnages

Willy West se prête même au jeu de la conférence de presse.
Une nouvelle panoplie de personnages est par ailleurs introduite à La Mer de Sable. Aux côtés de Willy West, «qui ne perd jamais» et de sa cousine Dorothy, un méchant, Black Jack, rejoint la troupe. Petite Plume et Lily Bell sont aussi présentes. «Nous allons continuer à développer les personnages au fur-et-à-mesure», promet Antoine Lacarrière. On regrettera toutefois l’absence de point photo fixe pour les personnages. Des chevaux et certains comédiens sont en revanche présents dans les allées.
Le Wild Buffalo et l’extension de la cible

Wild Buffalo constitue une nouveauté phare dans le cadre du développement de La Mer de Sable.
Le positionnement de La Mer de Sable évolue pour couvrir une tranche d’âge plus large. Historiquement axé sur les 3-9 ans, le parc cible désormais les 3-12 ans. «Nous sommes spécialisés sur la première expérience de parc d’attractions», précise Antoine Lacarrière. L’an dernier, l’entreprise a investi 5,5 millions d’euros dans le Wild Buffalo, sa plus grosse attraction à ce jour, accessible à partir de 1,10 mètre. «On a construit le Wild Buffalo pour garder l’aîné de la famille, pour passer du 3-9 ans au 3-12 ans», explique le directeur général. Ce choix semble porter ses fruits, la direction notant déjà une évolution de la fréquentation sur le segment des pré-adolescents.
A l’entrée de Wild Buffalo, particulièrement soignée, les visiteurs patientent dans les entrailles d’une montagne russe en bois, dotée d’un beau décor, permettant ici de surplomber la fameuse étendue de sable qui plus est. Il n’y a qu’un seul train en circulation, ce qui ralentit le flux. Le parcours de 500 mètres imaginé par Great Coasters International est ponctué par une vitesse de pointe de 70km/h et un tunnel de 40 mètres.
Il s’agit d’une très bonne introduction à Tonnerre 2 Zeus, situé au Parc Astérix tout proche, tout comme La Rivière Sauvage (des bouées) ou bien Disco Loco, une version réduite de Discobelix.
Enjeu : générer de nouvelles visites durant la saison
La Mer de Sable se positionne comme une alternative plus accessible financièrement que les parcs nationaux ou internationaux. Le billet d’entrée est au prix de 34,90 euros. Le modèle, ici, est de faire revenir les visiteurs plusieurs fois dans l’année. «Nous prenons le temps de nous attacher à nos visiteurs, afin qu’ils reviennent. L’objectif est d’avoir de petites attentions afin de générer de nouvelles visites», explique Antoine Lacarrière. En 2025, 400 000 visiteurs se sont aventurés sur le site naturel de 45 hectares, dont 20 ha de dune au cœur de la forêt.
Pour faire revenir les visiteurs, différentes saisons ont été positionnées entre avril et novembre. En juin, la Fiesta Mexicaine ornera le parc, avant le passage du Gulli Tour, vendredi 17 juillet. Désormais, les deux derniers week-ends de septembre, une Fête de l’automne sera organisée. Un rendez-vous convivial proposé par Willy West et Petite Plume, ponctué pour la première fois par une brocante avec les objets destinés à être jetés. Du 3 octobre au 1er novembre, l’Épouvantable Mer de sable sera dotée d’une nouvelle Maison hantée.

El Pasco
Côté food, une belle confiserie, El Pasco, complète l’offre de boutiques. On regrettera toutefois un effort sur l’offre de restauration, encore perfectible avec son self (L’Hacienda) qui gagnerait à monter en qualité.
Un nouveau billet selon la quantité de pluie tombée sur une journée
Autant d’événements qui peuvent bien se dérouler… s’il ne pleut pas. «L’une des principales causes de non-visite est la météo», observe Antoine Lacarrière. La Mer de Sable lance une garantie intempéries à 2 euros, offrant un retour gratuit si les précipitations dépassent 4 mm. De nouveaux services payants font leur apparition, comme la location de poussettes (7 euros).
La structure tarifaire évolue également avec la refonte des coupe-file et le passage à une gratuité basée sur la taille (moins de 90 cm) plutôt que sur l’âge. Enfin, le parc renforce son lien patrimonial avec l’ouverture en mai du Pagode Café Jean Richard, rendant hommage au fondateur du site en 1963. «Cela nous tenait à cœur d’avoir ce lien avec le passé», conclut Antoine Lacarrière. Le site, qui emploie 31 collaborateurs permanents jusqu’à 250 collaborateurs en haute saison, réalise 60 % de son activité sur les mois de juillet et août.
