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« Les nouvelles technologies peuvent améliorer l’état des routes »

Pour le délégué général du Syndicat des équipements de la route, Julien Vick, les pouvoirs publics doivent reprendre leurs investissements dans le réseau routier, et s’appuyer sur l’essor des technologies digitales. Interview.

Business & Marchés – Dans un contexte financier tendu pour les collectivités, comment encouragez-vous le développement et la rénovation des équipements routiers?

Julien Vick – Le budget des collectivités locales consacré aux équipements de la route s’est effectivement dégradé de manière drastique ces dernières années : il a diminué de 50 millions d’euros par an sur les trois dernières années (sur un budget global de 450 millions d’euros). Nous voulons sensibiliser les pouvoirs publics sur les risques de ce laisser-aller budgétaire pour la sécurité routière. Les routes départementales et communales sont les plus touchées par ces restrictions. Or, ce sont justement ces routes qui sont empruntées au quotidien par les Français, pour effectuer leurs trajets domicile-travail. Nous alertons les pouvoirs publics que l’alcool et la vitesse ne sont pas les seuls facteurs d’insécurité sur les routes. Le réseau routier continue de se dégrader, et il est plus que temps de s’en préoccuper.

Quels ont été les progrès les plus significatifs réalisés ces dernières années en matière d’équipements et d’infrastructures?

Les industriels des équipements de la route consacrent chaque année un budget important à la R&D et au développement de nouveaux produits. L’objectif de ces innovations est d’améliorer en permanence la performance et la durabilité des équipements de la route, en particulier pour répondre à une logique économique de plus en plus drastique. Dans le domaine de la signalisation horizontale par exemple, l’intégration de microbilles de verre dans les « bandes blanches » permet une meilleure rétro-réflexion et donc une meilleure visibilité du marquage routier pendant la nuit. Des progrès significatifs ont été aussi réalisés dans le domaine de la gestion et la régulation du trafic: par exemple, les systèmes d’information des panneaux à message variable ou des feux tricolores se sont considérablement enrichis, permettant de gérer en temps réel un trafic urbain de plus en plus complexe.

Comment les technologies numériques ou digitales transforment-elles l’univers des infrastructures routières et de la prévention?

Ces technologies apportent une réelle valeur ajoutée en matière de sécurité routière, et font évoluer les équipements de la route vers des équipements de plus en plus « intelligents ». L’intégration de systèmes d’information dans les équipements de la route permet notamment de collecter des data et donc de mieux prendre en compte les réalités du trafic, ou d’identifier des zones dangereuses. Dans certaines villes, ces technologies permettent aussi de mieux gérer la fluidité du trafic urbain et d’optimiser la gestion de l’espace public : c’est le cas des systèmes de comptage des places de parking par exemple. Nous sommes convaincus que les équipements de la route existant actuellement sur le réseau routier peuvent tous devenir intelligents, si on les agrémente de ces nouvelles technologies. Il ne s’agit donc pas de vouloir démonter tous les équipements actuels pour les remplacer par d’autres systèmes, mais bien de les rendre communicants.

De quelle manière vos adhérents se préparent-ils au développement de la voiture autonome?

Depuis plusieurs années, les industriels des équipements de la route ont intégré l’émergence de la route de cinquième génération. Et les équipements de la route ont un rôle essentiel à jouer dans cette route du futur. Pour fonctionner et rouler en toute sécurité, la voiture autonome aura besoin de repères visibles et lisibles : elle devra clairement identifier les limitations de vitesse, les zones de danger et l’ensemble de la signalisation routière. C’est un enjeu majeur que les pouvoirs publics doivent prendre en compte dès aujourd’hui pour préparer la route de demain.

Crédit photo: DR

Publié dansEnvironnement-SantéSociété