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Montgenèvre compte sur l’été pour conquérir un nouveau public

Forte d’un important passage routier et de sa proximité avec l’italie, la station de Montgenèvre ne relâche pas ses efforts durant l’été et attire un public différent.

Située dans les Hautes-Alpes, à la limite de la frontière italienne, la station de Montgenèvre a déployé une importante politique événementielle pour la saison estivale, alliant sport et culture. Business & Marchés a interrogé le directeur de l’Office de Tourisme de Montgenèvre, Laurent Janoir.

Quelles différences de fréquentation enregistrez-vous entre les saisons hivernales et estivales?

La différence de fréquentation entre l’hiver et l’été est importante car nous ne sommes pas du tout confrontés au même public. L’hiver, nous avons un public qui vient de toute la France pour faire principalement du ski et qui recherche de « l’espace nature ». Il est davantage concentré sur l’activité « station ». L’été nous avons un public de « séjournants » qui vient d’un peu partout en France à la recherche de chaleur, de soleil et de montagne pour une pratique familiale.

Petit à petit, nous observons une évolution avec les infrastructures touristiques qui ont été mises en place – liées entres autres à la pratique du sport : certaines personnes font de Montgenèvre un camp de base. Ils viennent ici pour pratiquer des activités sportives à vélo, à pied, un peu d’escalade… et qui parallèlement utilisent les produits «balnéo» et soins pour se donner du plaisir, quelques activités récréatives ou expérientielles beaucoup plus importantes l’été que l’hiver sur de la multi-activité. Les visiteurs vont faire du golf, du VTT mais ils vont aussi sortir du territoire pour aller d’une manière beaucoup plus conséquente en Italie : aller à Turin, à Milan, visiter la haute vallée de Suse dont on fait partie pour rencontrer cette culture italienne.

Comment cela se traduit-il en termes chiffrés?

Le taux de remplissage de la station est de l’ordre d’environ 85% pour l’hiver et est compris entre 47 et 65-70% pour l’été. Par rapport à ce qui est ouvert, le taux d’ouverture de lits et de commerces sur la station est moins conséquent. En revanche, nous relevons un phénomène l’été que nous n’avons pas l’hiver, l’itinérance, puisque nous sommes un col ouvert toute l’année et que nous possédons l’avantage, entre mai et septembre, d’avoir énormément de passage automobile. Notre col est inscrit sur les routes de découverte touristique. Nous avons une grosse fréquentation de motards, de vieilles voitures et de camping-caristes qui viennent pour faire des étapes sur 2 ou 3 jours.

Quel programme d’événements et d’activités proposez-vous?

Cette année, nous avons un été particulièrement sportif car nous avons commencé le 18 juillet avec la Sky Race. Nous passons ensuite sur un événement à tendance culturel, la semaine italienne (du 19 au 24 juillet). Nous avons également la sixième édition du festival Jazz aux frontières (du 29 juillet au 1er août) .Nous passons ensuite au Festival de l’Oralité (du 4 au 6 août) qui met en œuvre la passation du savoir, des histoires, des contes et des légendes axés principalement sur le domaine de la montagne. Le deuxième gros rendez-vous sportif de l’été est la finale du Championnat de France de VTT (du 14 au 16 août). C’est un grand retour en force pour Montgenèvre dans l’univers du vélo car nous venons de signer de nouveau un partenariat de 4 ans avec la Fédération Française de Cyclisme, nous nous inscrivons dans la Coupe de France, Championnat de France et le Trophée des Jeunes Vététistes. Le dernier événement qui clôturera cette saison, sous une nouvelle formule, est un marathon poker, les 22 et 23 août. Par ailleurs, nous avons signé un partenariat avec une marque de VTT électriques en pleine croissance, Moustache Bike.

Quelle cible visez-vous lors de la saison estivale?

Géographiquement, nous sommes sur une cible assez identique à la cible hivernale, à savoir que l’on cible le grand quart sud-est avec la région PACA, la région Rhône-Alpes avec le bassin lyonnais et le bassin grenoblois mais nous avons également une clientèle qui vient de plus loin : d’Ile-de-France, un peu de Bretagne, de la région Est pour beaucoup, un peu du Centre de la France et toujours comme nous sommes un col international, beaucoup de passage d’étrangers : des Allemands, des Néerlandais, des Suisses, du nord de l’Europe et qui descendent pour rejoindre le Sud de la France et qui s’arrêtent en étape pendant 2 ou 3 jours. Ce sont donc principalement des cibles de proximité pour les activités le week-end sur un isochrone de 2 heures et une cible de séjour ou de court séjour que l’on appelle « mid week » qui eux viennent d’un petit peu partout en France.

Comment vous adaptez-vous aux différences entre les attentes exprimées lors des saisons hivernales et estivales ?

C’est principalement autour d’études statistiques et d’études de fréquentation sur lesquelles nous interrogeons notre public chaque saison pour connaître les besoins et les attentes, les besoins non satisfaits et par la même occasion l’orientation que souhaite prendre la station et le village de Montgenèvre en matière de développement touristique sur lequel nous avons quand même eu une programmation en terme d’investissements et d’aménagements particulièrement conséquente depuis quinze ans. Nous savons que l’été, nous avons plutôt un public découvreur, explorateur, qui a envie véritablement de tester de multiples expériences. Nous sommes une station de montagne et ne sommes pas destinés à être une station de compétition en tant que telle. En revanche, Montgenèvre est véritablement un lieu dans lequel on peut se tester tout en se faisant plaisir et en essayant d’accéder à des univers sur lesquelles au quotidien on n’a pas forcément matière à le faire.

De quelle manière cela se traduit-il sur le terrain?

L’hiver, la fréquentation est liée à un seul outil, la neige, et sur lequel aujourd’hui la station de Montgenèvre est principalement positionnée sur une offre familiale dédiée à la famille avec un ski facile et qui présente un avantage rare, celui de pouvoir skier à l’étranger et le fait que la station soit directement reliée à la Via Lattea, le cinquième domaine skiable du monde. Nous avons aussi la capacité de pouvoir développer aujourd’hui une zone Back Country – pas forcément free ride – mais sur lequel le ski de randonnée prend de plus en plus d’ampleur et l’on sait qu’aujourd’hui, en hiver, les gens recherchent des expériences complémentaires à celle de la neige. C’est pourquoi nous mettons en place à partir de l’hiver prochain de nouvelles activités comme le Fat Bike qui sont ces VTT avec de très grosses roues qui permettent de rouler sur la neige avec un profil plutôt enduro ou cross country. Nous avons aussi crée, par exemple, une luge sur monorail qui est vraiment un produit ouvert à tous.

Photo : Seb Mayer

Publié dansEconomieEntreprisesServices