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Les nouveaux enjeux de l'urbanisme

Les « grands ensembles » n’ont plus le vent en poupe. Aujourd’hui, une urbanisation à échelle humaine, et des habitats écologiques et individuels sont la règle

82% des Français souhaitent vivre dans une maison individuelle (Crédoc, 2004): le bonheur, c’est chacun chez soi. Selon l’Insee, depuis 1997, la maison individuelle représente les deux tiers des logements construits. Encore faut-il relier ces logements à la ville, prévoir des infrastructures, et dresser un plan d’occupation des sols, ce qui revient aux mairies. Et les toits à deux pentes ne font pas l’unanimité chez certains urbanistes et élus. Les prix des terrains constituent un premier point de contestation: chers, avec une flambée des prix annoncée, et de moins en moins disponibles auprès des commerces et des établissements scolaires. Second foyer, les embouteillages et l’accessibilité des logements. Les lotissements de maisons individuelles sont en ligne de mire: éloignés des magasins, des entreprises, engorgés par le biais d’une seule voie routière principale, ils sont méprisés par certains urbanistes, au grand dam des promoteurs, qui continuent à bâtir. Enfin, le poids devant être assumé par la collectivité est un facteur de mécontentement: éclairage public, routes, déchets, et assainissement.

Le coût de construction d’une maison individuelle est inférieur à celui d’un mètre carré en immeuble (en 1997, 5000 francs, contre 6500), et dispose d’un avantage considérable: les logements collectifs ne disposent pas des économies d’échelle. En effet, plus la taille de l’ensemble augmente, plus les coûts (ascenseurs, chauffage, parkings…) sont élevés. Les propriétaires de maison dépensent, selon l’Insee, 6% de moins en travaux d’entretien que leurs semblables en immeuble. Cependant, les temps de parcours travail-domicile ont tendance, selon l’Instutut, à s’allonger: 90 minutes en moyenne pour les Franciliens.

A l’opposé des maisons individuelles, l’habitat rationnel (en termes de nombre de logements) fait la Une de l’actualité plus ou moins fréquemment pour des raisons notamment liées à l’insécurité. Les grands ensembles représentent 1,2 million de logements construits entre 1953 et 1973 pour accueillir une masse importante de population. Ce qui n’a, force est de constater, jamais été le cas. Les transports collectifs n’ont jamais suffisamment, sur un grand nombre de sites, relié les cités aux centres-villes. L’architecture est elle aussi incriminée: les «cages à lapins» sont mal vécues par celles et ceux qui y vivent. Réintégrer ces quartiers au cœur de la ville permettrait-il de remédier au partie à ce malaise?

Nouvelles routes, transports en commun, et transformation des zones sont au cœur de l’action de plusieures municipalités. Les destructions de barres sont une chose, le remodelage urbain une autre. Il s’agit ici de s’appuyer, selon Roland Castro, sur les équipements existants afin de refondre le paysage: division d’immeubles en deux unités, suppression de quelques étages, ou bien encore ajout de balcons par exemple.

Isolation de bonne qualité, zones piétonnières, panneaux solaires: les architectes peuvent contribuer à proposer un urbanisme plus respecteux de l’environnement. Cependant, ces aménagements ne sont pas du goût de tout le monde, comme la récupération de l’eau de pluie afin d’alimenter les systèmes de toilettes (manque d’hygiène?). En France, pour inciter à ce nouveau type de constructions, le label Haute Qualité Environnementale (HQE) est attribué selon les critères définis par l’Ademe, l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. De quoi rendre l’habitat plus écolo.

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