Aller au contenu

Les impôts et l’endettement, enjeux clefs des municipales

Les impôts locaux et la transparence de la gestion figurent parmi les principales préoccupations des Français pour les élections municipales.

D’après un sondage réalisé par CSA pour BFMTV, Orange et Le Figaro, 48 % des Français estiment que le montant des impôts locaux constitue le sujet dont il faudrait s’occuper en priorité dans leur commune, devant la lutte contre la délinquance, le développement économique et la transparence de la gestion municipale. Les impôts arrivent en tête des préoccupations tous types de villes et d’électeurs confondus. Dans ce contexte, les candidats se positionnent en mettant en avant leur bilan ou leurs projets.

Elles misent sur une gestion rigoureuse

A Paris, Anne Hidalgo soutient que la capitale a été gérée « avec beaucoup de prudence » entre 2001 et 2014. Elle souhaite inclure « de nouvelles exigences » dans la gestion financière de la ville, en stabilisant les dépenses, en n’augmentant pas les impôts locaux, et en réduisant le nombre d’organismes publics liés à la ville. La candidate socialiste tient notamment à rassurer les entrepreneurs. Nathalie Kosciusko-Morizet mise pour sa part sur un plan de réduction des dépenses, qui passe notamment par une prévention renforcée de l’absentéisme, pour in fine ne pas accroître la pression fiscale.

Elle préfère la dette à l’impôt

Au Cannet (43.249 habitants), dans les Alpes-Maritimes, la maire UMP Michèle Tabarot défend pour sa part le principe de l’endettement – en promettant que celui-ci sera terminé dans dix ans – pour ne pas procéder à des hausses d’impôts. « On a fait le choix de contracter une dette pour des investissements et de ne pas les répercuter sur la pression fiscale », explique-t-elle à Nice-Matin. Elle balaie d’un revers de main une question consacrée à un rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC), en date d’octobre dernier. Selon Mediapart, la CRC y pointerait le paiement « irrégulier » de primes à ses collaborateurs et s’interrogerait sur la capacité de désendettement de la ville.

Ils s’écharpent sur les taxes

A Reims, L’Union rappelle que les taux d’imposition n’ont pas évolué durant le mandat d’Adeline Hazan (PS). Un des principaux sujets de débat porte sur la taxe sur la publicité extérieure, destinée à réduire la présence publicitaire. Arnaud Robinet (UMP) souhaite la réduire de moitié, tandis que la candidate socialiste, qui indique que les tarifs de cette taxe ont baissé entre 2009 et 2014, conteste cette proposition en expliquant que les petits commerçants sont peu ou prou concernés. Les escarmouches portent également sur la taxe sur les ordures ménagères.

Il a misé sur l’attrait de sa ville

A Lyon, l’agence Public Evaluation System relève pour Le Point que la population a crû bien plus vite dans la ville et dans son agglomération (+7,7 %) entre 2008 et 2012 que dans l’ensemble des villes de 100.000 habitants (+3,9 %), et que l’encours de la dette y est plus faible. Les impôts ont légèrement augmenté. Face à Gérard Collomb (PS), l’UMP Michel Havard axe son programme sur la stabilité des impôts et des thématiques davantage nationales telles que la réforme des rythmes scolaires, qui génère des coûts supplémentaires.

Il désendette sa ville

Ces débats ont également lieu dans des villes de taille plus restreinte. La dette est notamment au cœur de la campagne des candidats UMP et Europe Ecologie-Les Verts aux Lilas (22.707 habitants), en Seine-Saint-Denis, où l’endettement s’élève à 28 millions d’euros. Il a reculé durant la mandature écoulée. Le maire sortant, Daniel Guiraud (PS), se félicite dans Le Parisien « des excellents résultats obtenus par [sa] stratégie de désendettement ».

Pour faire pencher la balance, les candidats devront – sans surprise – trouver le juste équilibre entre une gestion rigoureuse et des opportunités de développement pour leur ville. Affaire à suivre…

Publié dansEconomiePolitique éco