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L'énergie comme nouvelle marotte américaine

Peu écolos, les Américains ? Pas si sûr. Ainsi, le Colorado fait partie d’une poignée d’Etats en pointe dans ce domaine, comme la Californie. Les initiatives locales permettent aux Etats-Unis de s’afficher comme un territoire propice aux innovations dans ce domaine. « L’effet de serre est une incroyable opportunité pour un Etat comme le nôtre. Nous hébergeons le Laboratoire national des énergies renouvelables, des installations de tests, des universités qui se sont impliquées à fond et des entreprises qui s’installent chaque jour plus nombreuses« , explique à Challenges Tom Plant, responsable de la politique énergétique dans le Colorado. A l’enjeu environnemental s’ajoute donc une opportunité économique non-négligeable en ces temps de crise.

L’énergie éolienne, abondamment développée dans le Colorado, est une des sources qui permettront aux Américains de se convertir aux énergies renouvelables. Le choc provoqué par la flambée des cours du pétrole au premier semestre a permis d’instaurer une prise de conscience du problème représenté par la forte dépendance des Etats-Unis aux énergies renouvelables. Mais ces alternatives ne pourront produire de larges effets à long terme, d’où la différenciation des programmes de Barack Obama et de John McCain sur ce point: concernant le charbon, Obama souhaite suspendre la construction de nouvelles centrales en attendant qu’une captation des gaz et leur retraitement soit possible, tandis McCain estime que les besoins ne permettent pas d’attendre.

S’étant fixé comme objectif une réduction de 80% des émissions à effet de serre d’ici à 2050 et ayant affiché la volonté de débloquer 150 milliards de dollars sur dix ans dans les énergies propres, Barack Obama se veut intransigeant sur ce point. « Nous devons mener une action au niveau mondial en mettant en place des engagements contraignants« , a-t-il déclaré. Un engagement en contraste avec celui de McCain, opposé au versement d’aides fédérales pour favoriser ces énergies. La non-ratification du protocole de Kyoto est également au centre des débats. John McCain se veut davantage flexible que George W.Bush sur ce point, du moins dans les discours. De façon plus concrète, l’adoption de ces principes s’effectuerait à des conditions pour le moins difficilement réalisables dans l’immédiat. « Si nous arrivons à obtenir l’adhésion de la Chine et de l’Inde à ce protocole, les Etats-Unis devraient réfléchir sérieusement à se joindre aux autres nations« , a-t-il indiqué.

La politique énergétique de la prochaine Administration aura une influence à l’échelle mondiale: 5 % de la population consomme 24 % des ressources énergétiques.

Publié dansEnvironnement-SantéSociété