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Le secteur de la finance inquiète toujours Wall Street

Selon des informations publiées par l’hebdomadaire financier américain Barron’s, le Trésor américain estimerait que Fannie Mae et Freddie Mac ne parviendront pas à lever de l’argent frais auprès d’investisseurs privés. Afin d’éviter une possible faillite de ces deux institutions garantissant près de 40 % des prêts au logement contractés aux Etats-Unis, le Trésor pourrait les recapitaliser. Cette hypothèse ne semble toutefois pas emporter l’adhésion des marchés. « Si le Trésor investit dans Fannie Mae et Freddie Mac, la dilution (perte de valeur par action, ndlr) serait importante pour les actionnaires. La valeur des actions tomberait à des niveaux extrêmement bas et serait même nulle“, indique à l’AFP l’analyste chez Meeschaert Capital Markets Gregori Volokhine.

Fannie Mae et Freddie Mac ont été lancées en 1938 et en 1970 par le gouvernement fédéral afin de réguler le marché du crédit immobilier. Ils achètent des crédits immobiliers à des banques et autres établissements spécialisés, puis les revendent sous forme de portefeuilles d’obligations à des investisseurs particuliers sur les marchés. Les défauts de paiement s’accroissent sur les crédits garantis par Freddie Mac et Fannie Mae, qui seraient de fait au bord de la faillite. Leur cours de Bourse a chuté ces dernières semaines. « C’est vrai que les actionnaires actuels sont très exposés aux effets d’une injection de capital, mais cet impact est déjà très largement intégré dans les cours après la dégringolade de plus de 40% des deux titres en un mois« , explique un spécialiste à Cercle Finance.

Les banques américaines sont également au centre de toutes les attentions. « Nous nous attendons à ce que les résultats du troisième trimestre 2008 soient rongés par la détérioration continue de l’hypothécaire. Cela devrait marquer le quatrième trimestre consécutif d’annonces de pertes, ce qui est sans précédent. Nous abaissons non seulement nos estimations de résultats du troisième trimestre, mais aussi de l’ensemble de l’année, pour les maisons de courtage et les banques généralistes que nous suivons« , indique un analyste de la banque d’affaires Goldman Sachs dans une note que s’est procurée l’AFP.

Par ailleurs, certains établissements ont noué des accords avec la justice américaine afin de régler les enquêtes en cours sur des obligations à enchères. Des rachats d’obligations sont en cours. Lehman Brothers envisage pour sa part de céder son activité de gestion d’actifs, un bol d’air sans doute nécessaire après la perte de 2,8 milliards de dollars au deuxième trimestre. Le cours de l’action a dévissé de 77 % depuis le début de l’année. Face à ces nouvelles peu encourageantes pour la suite, l’ancien chef économiste du FMI Kenneth Rogoff estime que « le pire est à venir« , ajoutant que « l’une des grandes banques d’investissement ou de grands établissements » pourraient frôler la faillite, et non plus seulement des banques de taille plus moyenne.

Publié dansEconomieMarchés et finance