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« KIC InnoEnergy veut soutenir des projets innovants dans les énergies durables »

Entretien avec Laurent Thibaudeau, directeur de l’innovation France du consortium KIC InnoEnergy, dédié aux énergies durables.

Laurent-ThibaudeauBasé aux Pays-Bas, le consortium européen KIC InnoEnergy, spécialisé dans les énergies durables, rassemble des entreprises œuvrant dans ce secteur et accompagne des start-up au moyen d’un incubateur. Il a été crée en 2010. Laurent Thibaudeau, directeur de l’innovation France, présente à Business & Marchés les enjeux de cette alliance ainsi qu’un accord conclu avec des fonds européens afin de soutenir ces start-up à hauteur de 3 millions d’euros.

Pourriez-vous présenter KIC InnoEnergy et les membres qui composent le consortium ?

KIC InnoEnergy investit dans des start-up à fort potentiel et finance des innovations technologiques, afin d’assurer la compétitivité mondiale de l’Europe dans le domaine des énergies durables.  KIC InnoEnergy rassemble aujourd’hui plus de 200 partenaires dont un grand nombre de « majors » du monde industriel de l’énergie  (ABB, Areva, EDF, EnBW, Gas Natural Fenosa, GDF Suez, Schneider Electric, Total, Vattenfall…), de nombreuses PME et start-ups, mais aussi de grands centres de recherche (CEA, IREC, Karlsruhe Institute of Technology…) et de grandes universités ou écoles européennes (Grenoble Ecole de Management, Grenoble-INP …)

Comment l’accord conclu avec des fonds européens permettra-t-il aux membres de KIC InnoEnergy de développer leur R&D ?

Nous investissons dans l’innovation pour les énergies durables en finançant des projets d’innovation collaboratifs très proches du marché, avec un l’objectif de lancer de nouveaux produits ou services à un horizon proche (3 à 5 ans). Les projets durent entre 12 et 36 mois et mettent en jeu des collaborations restreintes afin d’assurer une agilité suffisante. Les innovations développées répondent toutes à des besoins exprimés par les industriels et les projets embarquent en général plusieurs industriels répartis sur la chaîne de valeur afin de faciliter l’industrialisation et la commercialisation à l’issue du projet. Par ailleurs, KIC InnoEnergy encourage la création de start-up à l’issue des projets d’innovation.

Sur quelles technologies les membres de KIC InnoEnergy travaillent-ils en priorité ?

Les thématiques abordées par KIC InnoEnergy répondent aux grands enjeux actuels et futurs du système énergétique européen : diminuer le coût de l’énergie pour les citoyens et les industriels, augmenter la sécurité et la fiabilité opérationnel du système énergétique, diminuer les émissions des gaz à effet de serre. Cela se traduit par les thèmes suivants : smart grids, smart cities, efficacité énergétique, stockage de l’énergie, matériaux pour l’énergie, technologies du charbon propre (capture et stockage du carbone), instrumentation et contrôle avancé pour le nucléaire, énergies renouvelables (éolien, solaire, énergies marines), biomasse, biogaz, hydrogène.

Comment la filière des cleantechs peut-elle se structurer à l’échelle européenne, et résister face aux différentes évolutions réglementaires et législatives ?

Même si les stratégies de transition énergétique des Etats membres sont variées, nombre d’enjeux sont communs : indépendance énergétique de l’Europe, fiabilité du réseau électrique interconnecté, impact environnemental du secteur de l’énergie, compétitivité des acteurs européens et création d’emploi dans le secteur énergétique… Les instances européennes veillent à harmoniser les initiatives nationales en lien avec ces différents enjeux. Les différentes directives européennes – comme la récente directive sur l’efficacité énergétique – en sont un exemple.

En termes d’innovation et de R&D, la commission européenne a établi une stratégie commune au travers du « SET Plan » (Strategic Energy Technologies Plan). Liés à ces priorités technologiques, les consortia qui s’établissent dans le cadre des projets d’innovation KIC InnoEnergy mettent en jeu des acteurs industriels de différents pays européens (au moins deux selon les règles d’éligibilité), répartis sur la chaîne de valeur du secteur considéré. Ainsi, des connections nouvelles voient le jour entre fabricants de matériaux ou composants, intégrateurs, équipementiers, fournisseurs de solutions, utilisateurs finaux.

Publié dansEconomieEntreprisesEnvironnement-SantéIndustrie