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Internet, nouvel eldorado des chaînes de télévision

Les services de télévision à la demande se multiplient, symbole d’une tendance de fond: les programmes se visionnent désormais à n’importe quel moment et sur n’importe quel support, passant d’une fonction de rassemblement à un mode de consommation plus personnalisé.

C’est à grands renforts de publicité et d’annonces sur l’antenne qu’a été lancé en mars dernier M6 Replay, nouveau service de la chaîne permettant aux télespectateurs de voir ou revoir les émissions phares une heure après la fin de leur diffusion TV. Un espace gratuit pour l’internaute: “Nous avons choisi d’offrir la chaîne M6 à la demande gratuitement, dans un modèle financé par la publicité, pour rendre ce service accessible au plus grand nombre“, expliquait lors du lancement le directeur général de Web, Valéry Gerfaud.

Car les projets d’expansion dans l’internet se sont déjà concrétisés, mais pas dans la mesure escomptée. Ainsi, il y a plusieurs mois, TF1 (TF1 Vision), France Télévisions (TVOD) et Arte (Arte VOD) s’étaient lancés dans la mise en ligne de leurs programmes, payants mais téléchargeables. Force est de constater que la formule payante n’a pas fonctionné, les télespectateurs-internautes ne comprenant pas vraiment l’intérêt de payer pour revoir un programme initialement diffusé gratuitement, et de surcroît à revoir dans un labs de temps limité. Aujourd’hui, place à l’ère de la catch-up TV, la télévision de rattrapage: les programmes sont mis à disposition des internautes quelques heures après leur passage télévisé, librement et gratuitement chez M6 et Arte. Car c’est la chaîne franco-allemande qui a ouvert le bal avec Arte+7, permettant de visionner les moments phares de l’antenne durant sept jours. L’émission dominicale Karambolage et le journal quotidien Arte Info sont les deux programmes les plus plébiscités sur le site. Chaque émission est mise en ligne sur le système dit du streaming, un mode de lecture des fichiers en continu sur internet, à la différence du téléchargement.

Canal+ a bien compris la nécessité de fidéliser les téléspectateurs via internet, en lançant une double offensive avec, d’une part, la nouvelle version de Canalplus.fr et, d’autre part, la plateforme Canal+ à la demande, accessible aux abonnés. Il s’agit d’élargir l’audience du site à travers une mise en ligne des programmes diffusés en clair, et, d’autre part, les contenus réservés aux abonnés. Un accord a dû être signé avec l’Union syndicale de la production audiovisuelle afin de permettre le déploiement du service. Du coté de M6, on souhaite avant tout se prémunir contre le piratage: M6 Replay est non seulement un moyen de contrer la mise en ligne illégale d’extraits sur des sites du type Dailymotion ou You Tube, mais aussi de protéger les contenus par le biais d’un système de lecture sécurisé. Il n’est donc pas encore question de permettre le téléchargement gratuit des programmes, à la différence des podcasts radio.

La télévision mobile personnelle, qui verra le jour à la fin de l’année, enrichira cette dimension personnalisée de la télévision. Moyennant un forfait mensuel, 16 chaînes, dont trois préemptées par le service public, pourront être reçues sur les téléphones adaptés, au-delà du clivage actuel par opérateur. Les fournisseurs d’accès, qui investissent progressivement dans les contenus, ont bien compris cette tendance de fond: Orange prévoit ainsi d’enrichir ses services de vidéo à la demande.

Pour faire face à ces évolutions, Mediamétrie a mis en place une enquête baptisée Media in Life, destinée à mesurer les comportements des consommateurs en matière de multimédia, et prévoit d’ici juin la commercialisation d’une nouvelle étude. Avec Teveo

Publié dansSociété