Économie

Inflation, pétrole: prendre les mesures qui s'imposent

globe-printLe taux de refinancement, à l’origine du coût du crédit pour les particuliers et les entreprises, a été maintenu par la Banque centrale européenne à 4%. Ce statu-quo observé depuis un an s’explique en partie par la crainte de nouvelles poussées inflationnistes. En rythme annuel, la « hausse généralisée et durable du niveau général des prix » a atteint en mars 3,5%, un record depuis l’introduction de l’euro en 1999. Bien au-delà de l’objectif de 2% que se fixe la banque centrale.

La zone euro est en proie à une hausse des indices des prix à la consommation, dans des proportions qui varient toutefois selon les pays. 4,7% sur un an en Espagne, 5,21% en Belgique: la hausse des prix prend à la gorge les ménages dans des proportions qui vont jusqu’à dépasser l’entendement. Il y a beau avoir une indexation des salaires sur l’indice des prix à la consommation – une mesure adoptée en Belgique mais qui ne trouve grâce aux yeux de Jean-Claude Trichet – dans certains Etats, le mécanisme ne règle que partiellement le problème.

Une des variables essentielles de cette hausse des prix provient de la flambée des cours du pétrole – et donc des biens raffinés tels que le carburant – à laquelle on assiste depuis plusieurs mois. Le dispositif suggéré par Nicolas Sarkozy de plafonner la TVA sur les produits pétroliers constituait une mesure temporaire à même de soulager partiellement les ménages et de permettre, en parallèle, la négociation et la mise en place de mécanismes plus élaborés. Las ! La proposition fut retoquée manu militari par Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe, expliquant que les mesures fiscales présenteraient peu d’effets compte tenu que les prix des biens pétroliers se stabiliseront « à un très haut niveau« . « Des mesures à court-terme sur les taxes ne résoudront pas ce problème qui provient de la flambée des prix du pétrole et des produits alimentaires. Et nous sommes tous d’accord sur ces points« , a ajouté le ministre slovénien des Finances Andrej Bajuk.

Ce potentiel troisième choc pétrolier, comme on a déjà pu le lire, doit faire l’objet d’une concertation au niveau européen afin d’adopter un arsenal de mesures commun. Il ne s’agirait pas de taxer une fois de plus les compagnies pétrolières, mais bien de les inciter à répercuter plus rapidement les prix à la baisse, comme c’est le cas depuis quelques jours, ou de leur tendre la main pour qu’elles contribuent à un fonds destiné aux ménages et entrepreneurs les plus touchés. Mais en aucun cas de s’en prendre à leurs bénéfices sans même regarder les conséquences sur l’attractivité !

A l’échelon national, les Etats devraient instruire une discussion entre les entreprises de transport et les ministères concernés afin de garantir une meilleure desserte des territoires à des prix sommes toutes acceptables. En amont de l’enjeu initial de transporter des passagers d’un premier point à un autre, il s’agirait aussi d’enclencher une série de mesures destinées à réduire la propension au pétrole, comme les primes distribuées depuis quelques mois suite au Grenelle de l’Environnement.

A l’approche de l’été, des mesures s’imposent. Un chiffre, à priori anodin, en dit long sur les habitudes de déplacement des consommateurs: selon un sondage Ipsos-Europ Assistance, la hausse des prix du pétrole a un impact sur le budget vacances de 38% des Européens.

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