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« Il faut développer des services autour de l’open innovation »

La start-up parisienne ideXlab propose une plateforme d’experts et des services dédiés à l’innovation ouverte. Elle lance un nouveau site à destination des étudiants.

« Nous sommes le Meetic de l’innovation », clame le président d’ideXlab, Jean-Louis Liévin. Créée en 2011, la start-up a développé une plateforme de mise en relation d’entrepreneurs et d’experts autour de l’ensemble des domaines scientifiques. Cette solution full Web propose également de trouver les bons experts dans un univers donné grâce à un moteur de recherche spécialisé dans l’innovation.

« Nos clients sont de grands groupes industriels, qui économisent des millions d’euros en recherche et développement. Ils gagnent du temps et agrègent de nombreuses compétences, par exemple dans le cadre de l’élaboration d’une innovation de rupture », indique Jean-Louis Liévin. Autofinancée, la start-up, fondée par cinq associés, s’appuie sur des grands comptes tels que Safran, Schneider Electric, Thalès, Airbus ou bien encore Seb pour se développer, ainsi que sur des fonds issus de projets européens (ESDA et Openisme), « ce qui n’est pas très courant pour une start-up ». Une phase de levée de fonds est en cours. Interview.

Comment ideXlab aide-t-elle les entreprises dans leur processus d’innovation ouverte?

Jean-Louis Liévin — Nos clients ont recours à nos services pour des projets très concrets : par exemple, je souhaite financer un projet européen, et je suis à la recherche de partenaires (universités ou entreprises) présents en Allemagne et en Espagne, spécialisés dans les matériaux. Je peux également être en train de développer un produit, et solliciter l’aide d’un expert de manière ponctuelle, ou pour quelques jours, quelques mois, voire quelques années.

Comment envisagez-vous l’avenir de l’innovation ouverte dans les entreprises?

L’innovation ouverte est encore très embryonnaire ; il s’agit d’un domaine assez mal maîtrisé. Gérer l’innovation de cette manière est différent des processus suivis en interne ! Il convient de renforcer les compétences des ingénieurs, par exemple en matière de propriété intellectuelle, de faire en sorte que les collaborateurs parlent mieux l’anglais, d’être plus agile en matière de financement, d’avoir recours à des plateformes de crowdsourcing et de crowdfunding… L’open innovation a des aspects mal connus en termes de propriété intellectuelle, et nécessite d’avoir accès à des plateformes dédiées. Elle requiert également un travail d’éducation sur son fonctionnement. Dans une acception plus large (intelligence artificielle, fabrication additive…), elle fait référence à ce qui est décentralisé.

De fait, pourriez-vous élargir vos services au crowdfunding?

Le cœur de notre métier consiste à être une plateforme d’experts, mais nous jouons aussi un rôle de prestataire de services en matière d’open innovation. Nous pouvons aussi accompagner nos clients dans cette démarche. Le crowdfunding est donc une possibilité, mais nous misons avant tout sur les compétences précédemment citées et notre capacité à travailler en réseau ouvert, avec sept partenaires européens. Nous souhaitons d’ailleurs élargir ce réseau, et nous venons de recruter notre premier commercial, ingénieur à l’origine.

Comment souhaitez-vous développer cette dimension de services?

Nous lançons, en septembre, S4 (Search, Save, Structure, Share), un nouveau service destiné aux étudiants, qui pourront utiliser notre plateforme pour structurer et diffuser de la connaissance. Nous expérimentons ainsi d’autres codes que ceux du B2B, en s’adressant directement à des utilisateurs sur le Web. Les étudiants pourront accéder à des définitions (par exemple au moyen de Wikipedia), des résumés de documents scientifiques, des publications, des brevets… Tous ces éléments seront regroupés dans des « boîtes » qui pourront être structurées et partagées et permettront ainsi d’ouvrir encore plus l’innovation ! Une partie sera en accès gratuit, et une autre en accès payant, avec une tarification selon l’utilisation et le profil. Il s’agit d’une extension naturelle de notre métier vers de nouveaux utilisateurs friands d’innovations.

Photo: Investing in ideas business par Shutterstock/Lightspring

Publié dansEconomieEntreprisesIndustrie