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Comment réaffecter les dividendes liés aux exportations ?

Pays émergents en question (4). La manne financière engendrée par les exportations fait l’objet de convoitises au sein des Etats.

Les Etats regorgeant de ressources telles que les céréales sont au centre des investisseurs et des importateurs sur la scène mondiale. Notre dépendance à une poignée de pays dans le domaine des matières premières est flagrant, comme vient de le démontrer l’Agence internationale à l’énergie : dans dix ans, plus de 60% de l’énergie fossile continuera à provenir d’Afrique et de Russie. La croissance des capacités de production dans les pays producteurs sera non seulement un atout pour détendre les tensions autour des quantités de marchandises, mais aussi une aubaine financière pour les Etats producteurs. L’utilisation de ces nouvelles ressources financières est au coeur de la question de la viabilité de ces pays.

Bien que riche en ressources, un Etat se doit de procéder à son développement intérieur s’il souhaite accroître sa puissance à l’international. La distribution de matières premières par des entreprises d’État représente une source de revenus pour les caisses du Trésor. Il importe d’affecter les dividendes de ces exportations aux affaires locales, ce qui n’est pas sans provoquer de problèmes ou de tensions. Le PIB par habitant d’un Etat peut certes être élevé en raison des bons chiffres du commerce extérieur, mais les conditions de vie peuvent être discutables.

Gérer les richesses

L’Argentine constitue un cas qui illustre une gestion relativement acceptable des revenus tirés des exportations: le pays a connu une croissance économique supérieure à 8% ces cinq dernières années et, dans le même temps, le chômage chutait de 21% à 9% selon les chiffres officiels. Ces performances prouvent que l’on peut concilier croissance économique et développement des conditions sociales de la population. Mais tous les Etats ne sont pas logés à la même enseigne, comme dans des régimes au sein desquels une minorité de la population s’accapare la majorité des richesses créees. Par exemple, alors que la production de déchets du Brésil s’élève à 260.000 tonnes par jour, seules 40% des villes disposent de décharges contrôlées.

Au-delà des seuls critères de développement de la population, la transparence des gouvernements s’avère essentiel dans le cadre de la conduite d’échanges internationaux. La stabilité politique rentre en ligne de compte lors d’une installation d’entreprise, un facteur-clé de développement d’un Etat. Les menaces de guerre sont également examinées de près, d’où la nécessité pour des pays émergents de se pacifier afin de ne pas voir leur croissance entravée par ce facteur.

Les leaders politiques reconnaissent certes la nécessité de gérer de façon la plus judicieuse possible leur économie et leurs affaires intérieures, et, dans ce cadre, l’affectation des dividendes tirés des exportations de marchandises à aussi fort potentiel que les matières premières s’avère crucial.

Publié dansEconomiePolitique éco