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Comment Euro Disney souhaite développer le Val d’Europe

L'immeuble de bureaux Bellini, à Val d'Europe

A Marne-la-Vallée, Euro Disney développe le territoire qui entoure ses parcs d’attractions, Val d’Europe. De nouveaux aménagements, notamment liés aux transports, sont lancés.

Connaissez-vous le territoire qui entoure Disneyland Paris ? Le groupe Euro Disney développe, dans le cadre d’un partenariat public-privé initié en 1987, les 2230 hectares du périmètre, appelés Val d’Europe. A la gare de Marne-la-Vallée Chessy (RER A et TGV), ouverte en 1992, s’ajoute celle de Val d’Europe (RER), ouverte en 2001, autour de laquelle un nouveau quartier (le centre urbain) et le centre commercial du même nom se sont installés.

A l’occasion du lancement d’une nouvelle phase d’aménagement, appelée « Phase IV » (2,8 milliards d’euros d’investissements privés et 280 millions d’euros d’investissements publics sur la période 2014-2023), Francis Borezée, vice-président Développement immobilier et touristique de Real Estate Development by Euro Disney, répond aux questions de Business & Marchés.

Quel regard portez-vous sur le développement de Val d’Europe depuis la signature de la convention de 1987?

Francis Borezée – Depuis l’origine, nous avons signé une convention avec l’Etat, la région, le département de Seine-et-Marne et la RATP, qui nous donne un rôle de développeur, sur une période qui, aujourd’hui, nous emmène jusqu’en 2030. Le périmètre fait 2230 hectares, soit environ 1/5e de Paris. Nous sommes aujourd’hui à mi-chemin du développement du territoire : 1100 hectares ont été développés (constructions touristiques, aménagements urbains, commerces, logements, activités…), avec 30.000 habitants et 28.000 emplois. C’est une grande réussite du partenariat public-privé. A l’origine, il y avait 5.000 habitants et très peu d’emplois.

De quelle manière collaborez-vous avec ces différents acteurs sur le développement de ce territoire?

Les signataires de la convention nous accompagnent. Un délégué interministériel pour le projet Euro Disney, préfet de la région Ile-de-France, Jean-François Carenco, pilote ce projet, tandis que notre interlocuteur quotidien est l’EPAMarne-EPAFrance, l’établissement public de Marne-la-Vallée, aménageur, propriétaire des terrains. Nous disposons d’un droit de préférence : Euro Disney peut soit utiliser les terrains pour ses propres besoins, soit les céder à des promoteurs.

« Nous devons accompagner les entreprises »

L’immobilier fait partie de vos priorités : de quelle manière souhaitez-vous répondre aux attentes des entreprises?

Nous disposons d’une équipe qui fait de la commercialisation directe auprès d’entreprises. 42.000 mètres carrés de bureaux en blanc sortent de terre. Nous présentons cette offre, mais nous accompagnons aussi les entreprises dans leur intégration sur le Val d’Europe. Nous sommes là sur la durée : il est important que nos « voisins » se sentent bien sur le territoire, sans prendre la place des promoteurs. Deux sites majeurs sont positionnés différemment. Le centre urbain se situe dans un rayon de 200 mètres autour de la gare, avec du bureau pur mais des produits différenciés (de gros utilisateurs pour le Bellini, des espaces plus divisibles au Greenwich, des plateaux de moins de 500 mètres carrés au Vega…) Le Parc d’entreprises mélange quant à lui bureaux, activités et centres d’hébergement informatique : il y a plus d’espace, mais une rupture de charge avec le RER est nécessaire. Le lieu est néanmoins directement relié à l’autoroute A4. Le groupe Ludendo, la Chambre de commerce de Seine-et-Marne, Henkel… y sont installés. Avec Goodman, nous travaillons sur un projet logistriel.

Le centre urbain constitue un pôle d’attraction fort : comment pourrait-il se développer davantage?

Dans le centre urbain, il y a deux zones naturelles d’extension, dont le « quartier des studios », lancé, à l’est. A l’ouest, sur la commune de Serris, des promoteurs se sont déjà positionnés. Au nord du site, à Coupvray, le long de la RN 34, nous devrions créer l’événement, avec un nombre de logements assez important (au moins 800 logements), un pôle commercial associé et une démarche architecturale et environnementale poussée, sur laquelle nous sommes en train de travailler. Nous travaillons avec le STIF sur un transport en commun en site propre d’Esbly à Val d’Europe, sur un horizon 2021-2022, en complément du réseau de bus et des équipements existants.

« Renforcer le RER et les capacités routières »

La phase IV des aménagements vise notamment à résoudre des difficultés de congestion des infrastructures de transport : quels éléments aviez-vous anticipé – ou non – à ce sujet?

Sur les équipements de transport, nous avions anticipé le fait qu’il faudrait les rafraîchir un peu : cela représente 280 millions d’euros dans la phase IV. La création d’une arrière-gare, à l’horizon 2020, permettra de passer d’un RER toutes les 10 minutes à un RER toutes les 3 minutes, sachant que parallèlement, les rames à double étage permettent d’accroître de 30% la capacité de la ligne. A l’occasion des développements, notamment celui du centre commercial, la « pénétrante urbaine », grande voie routière connectée à l’autoroute, sera doublée. L’avenue qui traverse le site sera aussi aménagée, pour améliorer l’accès à la gare de Marne-la-Vallée-Chessy, dès l’année prochaine.

Comment le pôle touristique Parc Disneyland/Walt Disney Studios pourrait-il s’étendre?

La stratégie est claire : il s’agit de faire grandir les parcs. Aux Walt Disney Studios, nous pouvons doubler le nombre d’attractions. Cela permettra notamment d’augmenter la durée de séjour de nos visiteurs. On réfléchit afin de faire en sorte que le projet touristique puisse se développer.

A propos de l'auteur
Journaliste à L'Usine Nouvelle, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
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