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Collectivités: le Tour de France, une affaire qui roule

Mis à jour le 4 juillet 2011

Le parcours du Tour de France obéit avant tout à une logique commerciale, la  » Grande Boucle  » constituant également un fort vecteur d’image.

Evénement sportif typique de l’été, le Tour de France constitue avant tout une redoutable machine de guerre pour Amaury Sports Organisation, qui bénéficie ainsi d’une vitrine – à l’instar du Dakar, notamment – pour promouvoir son savoir-faire… et s’attirer de nombreux revenus. Si les sponsors sont légion, les collectivités territoriales accueillant les coureurs passent également à la caisse, sur un parcours réglé au millimètre près.

Sur plus de 200 communes postulant chaque année, seules 35 sont retenues après une batterie d’études organisée pendant plus de six mois par l’organisateur. Diffusé dans 190 pays, le Tour constitue une vitrine (presque) sans équivalent d’un point de vue publicitaire, mais se monnaye. Les villes de départ et d’arrivée de chaque étape se partagent la somme d’environ 150.000 euros hors taxes, selon Le Télégramme. Malgré l’accalmie des jours de repos, qui font l’objet d’une couverture médiatique restreinte, ces breaks sont facturés de la même manière. Les aménagements nécessaires sont également à prendre en compte.

En Bretagne, au cœur de l’édition 2011, de nombreux élus n’ont pas hésité à investir en conséquence pour s’assurer de potentielles retombées touristiques bienvenues en cette période. Le directeur de l’Office de tourisme de la baie de Saint-Brieuc, Didier Simon, évoque dans le Journal des entreprises un cas éprouvé : « lors du passage du Tour en 2008, nous avons enregistré un taux d’occupation hôtelier de 70%, soit trois points de plus qu’une année classique. C’est exceptionnel quand on sait que le coût d’une nuitée par personne oscille entre 35 et 70 euros ». Nombreux sont les amateurs de cyclisme à faire le déplacement.

A contre-courant saisonnier

L’étape de Mûr-de-Bretagne est caractéristique de cette mobilisation : la région a alloué 200.000 euros, et le conseil général 320.000 euros, comprenant le passage par Fréhel. Communes, département, région et chambre de commerce se sont rapprochés pour mettre en œuvre un dispositif à la hauteur de l’enjeu. A Saint-Flour et Aurillac, qui seront en vedette pour trois jours, le dispositif est plus subtil, avec une succession de symboles disposés tout au long du parcours. « Il faudra que ça se sache, que ça se voit. Il faut afficher les couleurs du département dès que le Tour y entre », indique à La Montagne Vincent Descoeur, président du Conseil général du Cantal, financeur à hauteur de 75% de l’opération.

La célèbre étape de l’Alpe d’Huez, moins irrégulière, illustre les effets inattendus d’un passage du Tour, qui occasionne une facture totale de 280.000 euros pour la municipalité. Saison creuse en montagne, l’été y est pourtant attendu avec ferveur par les commerçants. « Armstrong nous a amené une clientèle américaine avec un pouvoir d’achat énorme », témoigne l’un d’entre eux à l’AFP. La fréquentation de la station s’accroît de 10% à chaque été, permettant de compenser partiellement les risques liés à la fréquentation hivernale.

L’importance des coûts engendrés par l’accueil du Tour n’effraie toutefois pas le Qatar, qui s’est imposé en l’espace de quelques mois comme un acteur incontournable du sport français. Alors que la compagnie aérienne Qatar Airways vient de prendre le relais des trains pour la fin du circuit, le pays s’est porté candidat à un départ de l’épreuve. Une éventualité que n’exclut pas ASO, qui organise y depuis dix ans une compétition similaire.

Publié dansEntreprisesServices