Économie

Les cours du brut en repli

Le baril de pétrole brut est repassé sous la barre symbolique de 100 dollars ce mardi, signe d’un changement majeur dans l’évolution des cours telle qu’elle a été vécue depuis plusieurs semaines. Après avoir battu record sur record, le baril de light sweet crude a perdu près de sept dollars en trois semaines; des données qui ne doivent pas faire oublier que les cours de l’or noir ont progressé de 52% sur un an.

La situation économique américaine est à l’origine de cette récente et relative chute. « L’impact combiné d’une économie affaiblie et de prix du pétrole en pleine inflation font pression sur la demande pétrolière aux Etats-Unis, qui a baissé de 4% par rapport à l’année précédente et se trouve maintenant à son plus bas niveau depuis 2004« , explique la banque d’affaires Goldman Sachs. Un regain de confiance sur les marchés, provoqué par la publication d’un indice des directeurs d’achat du secteur manufacturier meilleur que prévu, a incité les fonds à vendre du pétrole, qui faisait depuis le début des turbulences monétaires office de valeur refuge, pour se réorienter vers le dollar. De plus, le rebond du dollar dissuade les investisseurs payant dans d’autres devises, les matières premières commercialisées en dollar apparaissant plus chères. Cependant, les cours du WTI restent encore élevés. « Le prix de 100 dollars est la frontière importante entre tendance à la hausse et tendance à la baisse. Si les cours parviennent à clôturer sous ce seuil, cela sera le signe que l’état d’esprit du marché s’est clairement retourné en faveur des vendeurs« , analyse à l’AFP Mike Fitzpatrick, analyste chez MF Global.

L’approvisionnement en or noir est cependant toujours soumis aux aléas géopolitiques, un facteur intégré par les investisseurs. Selon l’armée turque, une quinzaine de rebelles kurdes a été tuée dans le nord de l’Irak, région où se localise principalement la production pétrolière. En Equateur, un sabotage d’une unité de production d’Agip Oil empêche depuis vendredi la sortie d’environ 28.000 barils par jour. Enfin, au Gabon, une grève des salariés de Shell-Gabon empêche la mise à disposition de 60.000 barils par jour depuis le 20 mars et de 30.000 autres produits par d’autres compagnies, un mouvement de soutien aux travailleurs de Shell s’enclenchant. Autant d’éléments qui laissent à penser que l’accalmie constatée sur le front des cours du pétrole ne sera que difficilement confortable.

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