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Moyen-Orient: quelle redistribution de la rente pétrolière?

Les mouvements de contestation en cours depuis l’hiver dernier trouvent notamment leurs sources dans l’enjeu de la redistribution des richesses. Focus sur les revenus tirés du pétrole, particulièrement convoités.

Pétrole: quels enjeux au Moyen-Orient ? (2/2). La hausse significative des cours du pétrole impulsée l’an dernier devrait avoir des conséquences notoires sur le solde budgétaire des pays de la région. Ce supplément potentiel de revenus pourrait, selon de nombreux spécialistes, exacerber le mouvement de contestation auquel la communauté internationale assiste depuis l’hiver dernier.

La redistribution de la rente pétrolière figure donc parmi les enjeux majeurs s’imposant aux économies du Moyen-Orient : l’emploi de leurs ressources, fondées sur l’exploitation de leurs réserves, devra s’effectuer à l’avenir dans un cadre plus transparent. L’élévation du niveau d’études, conjugué à l’expansion des technologies de l’information ainsi qu’à de fortes attentes en termes de niveau de vie, agit comme un déclencheur potentiel de mouvements de contestation afin de parvenir à un partage plus « juste » ou « équitable » de ces revenus.

La question de l’emploi des ressources liées au pétrole occupe, par conséquent, une place prépondérante dans les différents mouvements de protestation en cours : l’évolution de la position occupée par les pays de la région en termes d’exploitation pétrolière est notamment fonction de leur gouvernance. Ghanim Al-Najjar, professeur à la Koweit University, expliquait récemment  que la politique adoptée par les Etats du Conseil de coopération du Golfe variait selon le niveau de richesse de chacun de ces pays.

Différentes stratégies ont été mises en place, l’exposition aux revenus pétroliers différant selon les Etats. Les Emirats arabes Unis, le Qatar et le Koweit emploient ainsi un levier d’ordre financier, tandis que l’Arabie saoudite, Oman et Bahreïn sont plus fortement concernés par de potentielles révoltes. Une enveloppe de 10 millions de dollars a été accordée à ces deux derniers Etats par le Conseil de coopération du Golfe, une importante organisation de coordination dans la région, pour parvenir à améliorer leur situation.

Publié dansActualité socialePolitique éco