Le Moonshiner, pionnier des bars cachés parisiens, renouvelle son menu pour 2026. Entre modernité et tradition, le bar propose des cocktails classiques revisités et des twists surprenants.
Le Moonshiner a entamé l’année 2026 avec un nouveau menu. Ce bar à cocktails du 11è arrondissement de Paris, l’un des pionniers des bars cachés depuis 2013, dans le giron du groupe Liquid Corp (Dirty Dick, Da Vito, Louie Louie, Octopus La Défense), a renouvelé son offre en revenant… à une offre plus traditionnelle. “Nous avions de nombreuses demandes pour des cocktails moins gastronomiques et plus classiques”, indique Ivan Peretti, le chef barman de l’établissement. Un parti-pris en rupture avec le précédent menu, “Terroir”, qui réinterprétait depuis septembre 2024 des ingrédients emblématiques des régions françaises.
Un an de travail a été nécessaire pour construire ce nouveau menu, conçu en deux parties, présentées au recto et au verso d’un élégant livret. D’une part, “Evoluzione”, treize cocktails classiques dont la recette et les techniques ont été repensés, avec une maquette moderne. D’autre part, “Memorie”: douze cocktails classiques (daiquiri, margarita, pornstar martini, vieux carré…) légèrement twistés, mis en page avec des cartes postales d’antan. Enfin, le Negroni se décline en trois versions (classico, white, spicy). Cinq cocktails sans alcool complètent l’ensemble.
Côté moderne…

Biretta
Si l’on commence par le prisme de la modernité, dans la catégorie “Evoluzione”, le Biretta (12ml, 16€), embarque du houblon Cascade (notamment utilisé pour les IPA) permettant de réaliser un soda houblonné remplaçant le tonic; un vermouth malté, du calvados et du Cynar, un amer italien contenant notamment des feuilles d’artichaut. “Un mix entre une bière, un Americano tonic et un vermouth tonic”, sous la forme d’un long drink à la belle robe or pétillante. Au nez, le Cynar prend le dessus, tandis qu’en bouche, les arômes herbacés du houblon et les saveurs de l’artichaut surprennent. On retrouve l’amertume du tonic en fin de bouche, dans un cocktail apéritif.
Pour le Tutti Frutti (90ml), pensé “comme une salade de fruits”, de la vodka, du calvados, de l’absinthe et du verjus s’entremêlent dans un cocktail clair (mais pas clarifié) et fruité (mais sans fruits, donc). On retrouve les saveurs d’un bonbon Arlequin, très acidulé. L’absinthe apporte de la fraîcheur, en finale.
Les amateurs de cocktails classiques pourront se tourner vers le Manhattan Colada (85ml), “audacieux et exotique”, à base de whisky Monkey Shoulder infusé à la coco, de baijiu (un alcool originaire de Chine), de cerise et d’un vermouth maison. Afin de reproduire les sensations du cuir, un produit a été développé avec le bartender spécialisé Emanuele Balestra. Au nez, le drink est porté sur les arômes de coco, puis sur le whisky. En bouche, d’emblée, le côté fruité du Monkey Shoulder l’emporte, et permet de rendre plus accessible le Manhattan (whisky, vermouth rouge, bitter). En toile de fond, il y a de la cerise.
…et côté classique

Old fashioned
D’un point de vue plus traditionnel, dans le menu “Memorie”, impossible de passer à côté de l’old fashioned! Bourbon, tequila, orge maltée, sirop de bière stout (75ml, 15€). Au nez, la tequila est très étonnante pour un old fashioned. Cela apporte une touche originale et fruitée. Un caramel beurre salé est disposé en garnish. En bouche, le cocktail est hyper céréalier. Il y a du gras, également, et une texture plus sirupeuse au terme de la dégustation.

Alaska
Assez méconnu, l’Alaska (gin, Chartreuse jaune, bitter à l’orange) se compose, au Moonshiner, de gin, de Blanche de Normandie (Christian Drouin), de Chartreuse cuvée des Meilleurs ouvriers de France, et d’amontillado. Un cocktail très franc, droit, très clairement dans la lignée des martinis, avant une pointe de douceur en finale.
Quant au Negroni ? Sa version “spicy” embarque de la confiture de rhubarbe et de piment habanero, avec de l’agar agar. Le Campari est bien entendu de mise, le vermouth aussi, mais le gin cède sa place à un rhum agricole. Incroyable ! Au nez, le piment est bien présent. En bouche, le cocktail est sans concession, franchement relevé, mais vite adouci par la confiture. Une expérience originale d’un incontournable des bars, à réserver aux connaisseurs. A noter que l’offre de bières a également évolué, pour intégrer la bière blonde de la brasserie francilienne Paname Brewing Company.
5 rue Sedaine, 75011 Paris
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.
