À l’occasion du salon Viva Agave organisé à Paris par Martha Murguia, les acteurs du secteur ont confirmé l’essor des spiritueux d’agave, portés par la tequila, la montée en puissance du mezcal et l’émergence de nouvelles expressions comme le cocuy, dans un contexte de forte croissance internationale.
Les spiritueux d’agave ont le vent en poupe. D’après Bacardi, la margarita constitue le cocktail amené à être le plus demandé par les consommateurs, dans le monde, en 2026, tandis qu’une autre recette à base de tequila, la paloma, arrive en dix-neuvième position. Le cabinet américain Grand View Research estimait, en 2023, le marché mondial autour de 13 à 14 milliards de dollars, avec un taux de croissance annuel moyen de 9,4% entre 2024 et 2030. La tequila domine le marché, loin devant le mezcal ou le sotol.
Tequila
Bacardi a bien compris l’intérêt des consommateurs et des bartenders pour cette catégorie, en poussant les feux sur sa tequila Patrón, produite au Mexique. “L’hacienda est située dans l’Etat du Jalisco, avec un process de cuisson des agaves bleues au four durant 79 heures pour bénéficier des saveurs et de la sucrosité”, rappellent Alexandra Lechopier et Stefano Deucit, les brand ambassadors français de la marque. Ils s’exprimaient mi-mars à l’occasion du salon spécialisé Viva Agave, organisé à Paris par Martha Murguia, une spécialiste reconnue de l’agave. Patrón revendique de ne pas utiliser d’additifs dans sa recette – leur adjonction est limitée à 1% par la réglementation mexicaine, sans obligation de l’inscrire.

Depuis septembre 2025, le distributeur Major ISD propose, lui, en France, les produits de la marque Teremana, dans les circuits on-trade et off-trade. Teremana Blanco est une tequila blanco (non vieillie), titrant 40% élaborée à partir d’agave bleue, à la fine amertume et aux notes de citron vert. La tequila Jose Cuervo (Proximo Spirits) elle, est suggérée en cocktail, notamment par l’intermédiaire d’un Boulevardier (tequila 1800 Anejo, bitter, vermouth rouge).
Mezcal
Depuis 2023, Bacardi a totalement acquis la marque de mezcal Ilegal, introduite en France en septembre dernier lors d’un stand immersif à la Cocktail Street. Créée en 2006, elle mise sur un mezcal distillé à base d’agave espadin. Joven (40%) se distingue par son attaque onctueuse, avant d’être plus relevée en bouche. La Reposado est, elle, six mois en fûts de chêne américain semi-flambé, tandis que l’Añejo a bénéficié d’un vieillissement de treize mois en fûts neufs et usagés.

Titrant également à 40%, le mezcal signé Don Ramon (disponible chez Cinco Distribution) se décline en deux versions. La première consiste en un mezcal élaboré à 100 % à partir d’agave Espadín, avec des arômes fruités et fumés. La deuxième, à base d’agave Salmiana de Zacatecas, bénéficie de 8 à 10 ans de maturation et présente des notes herbacées, des touches fumées et une finale moelleuse.

Le distributeur Mexicaline met en avant, pour sa part, les mezcals bio signés Yaha-Yahui. Le Batch N°1 (45%) se distingue par son nez rond, salin et iodé, et une bouche florale, tandis que le Batch N°2 est plus vif, citronné, acide.
Cocuy
Autre découverte effectuée lors de Viva Agave : le cocuy, le pendant vénézuélien de la tequila ou du mezcal, distillé à partir d’agave cocui, une espèce endémique qui pousse principalement dans les zones arides des Etats de Lara et Falcón. Les produits de la marque Casa Magnos sont importés en France par Alta Azul Distribution, qui entend populariser la catégorie. Casa Magnos Silver (40%), un cocuy non vieilli, élaboré par la distillerie Jadelur, se distingue par son nez franc et ses notes mentholées en bouche. A découvrir par exemple en cocktail (cocuy, fruit de la passion, sirop d’agave, lait de coco, Angostura bitter). Le Gold (40%), vieilli au minimum trois mois en fûts de chêne américain, est quant à lui foncièrement onctueux, boisé, et bénéficie d’une belle robe dorée.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.
