Ouvert en septembre 2025 dans le 10e arrondissement de Paris, Maison Saint-Martin est ouvert en continu, du café du matin aux cocktails du soir. Porté par la famille Zenouda, le lieu revendique un positionnement hybride mêlant coffee shop, cuisine bistrot, brunch et bar.
Dans le 10e arrondissement de Paris, à l’angle de la rue Bouchardon — connue pour abriter le bar à cocktails CopperBay — et de la rue du Château d’Eau, dont une portion tend à s’embourgeoiser au fil de l’installation de bistrots et de sandwicheries en vue, le restaurant Maison Saint-Martin s’insère en lisière d’un vaste marché couvert. Ouvert en septembre 2025, l’établissement fait le choix d’un positionnement audacieux : accueillir ses clients tout au long de la journée, de 8h30 à 1h du matin (sauf le dimanche et le lundi soir), afin de répondre aussi bien aux envies de café, de repas que de cocktails.
Un projet familial porté par la transmission
Derrière le projet, pas de néophytes. On retrouve David Zenouda, vice-président de l’Umih Île-de-France, représentant de la quatrième génération familiale de restaurateurs, déjà à la tête de plusieurs établissements parisiens, dont le Café A ainsi que les bars Maze et Next. Le projet revêt également une dimension de transmission : ses enfants, Esther (23 ans) et Nathan (26 ans), figurent au tour de table et assurent la gérance de l’affaire. Tous deux ont fait leurs armes dans la restauration, notamment en Australie, et nourrissaient respectivement le souhait d’ouvrir un restaurant et un coffee shop. De cette double ambition est né un concept hybride.
Du bistrot au brunch, une offre pensée pour toute la journée
« Nous avons une cuisine fusion qui va du bistrot au brunch, et nous revisitons également des plats traditionnels. Les différentes offres, comme le coffee shop, sont clairement identifiées. Les brasseries traditionnelles ont perdu beaucoup de clients, d’où l’idée de monter en gamme sur le café et d’adopter une approche plus moderne », explique David Zenouda. L’architecture intérieure a été confiée à Laura Narvaez : le lieu s’organise autour de deux comptoirs — l’un dédié au café, l’autre au bar — et de deux salles de restauration totalisant 80 couverts. Le chef José Ribeiro officie en cuisine.
Un coffee shop structuré pour la clientèle de proximité

Tiramisu coffee
Le matin, Nathan oriente naturellement les clients vers l’espace coffee shop. Pour répondre aux attentes des bureaux environnants, plusieurs recettes de café sont proposées, dont un tiramisu latte audacieux : lait, mascarpone — qui lui confère une texture dense — chocolat saupoudré et boudoir en garnish. Une proposition très gourmande, aux côtés notamment d’un matcha latte plus clivant. À découvrir également, les cookies maison, à commencer par la version chocolat-noisette, généreuse et servie chaude. Les brownies, quant à eux, sont sans gluten, en phase avec les attentes d’une partie de la clientèle du quartier.
Une carte courte, entre classiques revisités et plats de cocotte

Burger

Purée fumée
Côté restauration, Maison Saint-Martin propose des plats en cocotte et, le week-end, une offre brunch à la carte, sans buffet. Parmi les incontournables, le burger (20 euros) s’inscrit dans les codes du genre — steak haché, sauce poivre, fromage, compotée d’oignons, salade — tout en s’en distinguant par l’usage du morbier, qui renouvelle l’exercice et s’accorde efficacement avec la sauce.

Saucisse au couteau
En accompagnement de la saucisse au couteau, de format moyen, la purée fumée constitue une alternative aux frites, elles aussi maison. Consistante, marquée par les saveurs de la pomme de terre, elle surprend agréablement par son caractère affirmé.
L’œuf mayo, une entrée signature assumée

Œuf mayo
En entrée, l’œuf mayo, facturé 8 euros, mérite l’attention. Il s’agit d’un œuf mollet, pané à l’anglaise au panko, servi chaud avec une mayonnaise spicy et de la roquette. Une revisite singulière d’un classique, à partager, dont le niveau d’épices appelle toutefois un avertissement préalable.
Une offre de boissons encore sage
Côté boissons, l’offre se montre plus sage, avec des cocktails majoritairement classiques. La pink lemonade (5,50 euros), rafraîchissante, s’impose comme une option efficace avant de reprendre sa route dans ce quartier animé. Quelques ajustements pourraient permettre de mieux valoriser la diversité de l’offre, qui parvient néanmoins à insuffler un vent de modernité aux brasseries parisiennes.
