Économie

Les cidres comptent mieux faire valoir leurs atouts

3 min de lecture

Avec des styles plus clairement identifiés et des initiatives pour désaisonnaliser la consommation, les professionnels du cidre souhaitent toucher plus de consommateurs.

Au printemps, le cidre entend faire valoir ses atouts. L’Union interprofessionnelle cidricole (aussi appelée Cidres de France) s’est appuyée sur la start-up de box Calyce Cidre pour créer un coffret réunissant cinq styles de cidres (“moelleux et fruité”, “frais et acidulé”, “savoureux et équilibré”, “généreux et structuré”, “sec et charpenté”). Des mentions destinées à clarifier la catégorie : “les consommateurs ont tendance à déclarer qu’il aime le cidre brut. Ils préfèrent en réalité le demi-sec, une dénomination peu utilisée et mal comprise”, observe Jean-Louis Benassi, directeur de l’interprofession.

Autre objectif : désaisonnaliser la consommation. au-delà de l’épiphanie, ou de l’été en Normandie et en Bretagne, et l’élargir en plus du seul apéritif. Un moyen de tourner la page des deux dernières années, marquée par un arrêt prolongé du circuit cafés-hôtels-restaurants. Or, la consommation hors-domicile représente 25 à 30% des débouchés. Les crêperies représentent environ 80% des volumes écoulés en restauration.  “Il y a eu des aides pour la gestion du marché, et individuelles”, précise Jean-Louis Benassi.

250 000 tonnes de pommes sont produites par an en France, dont la moitié est destinée à l’élaboration du cidre. 60 000 tonnes sont utilisées par l’industrie du jus de pomme. 900 000 hectolitres sont produits en France. Les effets du changement climatique se font déjà sentir. “Un cidre, naturellement, peut monter jusqu’à 7 ou 8 degrés, selon les années. Quand nous avons des années sèches, la question de l’alcool est plus difficile à gérer. Par ailleurs, on voit plus d’insectes. Des événements plus extrêmes, comme le gel, nous pénalisent aussi”, explique-t-on au sein de l’interprofession.

Divers styles à découvrir

Les spécificités du cidre doivent être mieux mises en avant, estime Arnaud Didier, œnologue de formation et cidrologue pour l’interprofession. “Les tanins de la pomme n’ont pas de capacité à protéger le cidre trop longtemps. On peut avoir des cidres qui vieillissent bien, mais cela reste assez aléatoire, et ce n’est pas un objectif pour la majorité des producteurs. Le caractère fruité et croquant du cidre reste assez peu longtemps.” Ce qui n’empêche pas de découvrir la diversité des produits.

Ainsi, Perle de cidre (5%), sous la marque Val de Rance (Celliers associés), est un cidre brut élaboré à partir de variétés acidulées. “Le cidre est une boisson d’assemblage de familles de pommes à cidres (acides, douces, douces amères, amères).” Un cidre frais, vif, qui sent la mangue et l’ananas, avec des notes de citron confit, pour l’apéritif. L’effervescence est très fine et très crémeuse. En Mayenne, le Cidre d’Avrolles, des Vergers de la Rouerie, se distingue par sa couleur très jaune. Au nez, on retrouve des notes de fruits frais Un produit plus sucré, plus acide et très acidulé.

A Cambremer (Calvados), Antoine Marois produit La Garenne, un cidre Pays d’Auge, avec des fruits plus mûrs, des notes de foin séché et de tabac blond ; de cuir également. “Il y a une majorité de pommes douces-amères, avec de la mâche en bouche.”  Au Val-au-Perche (Orne), en AOC Cidre du Perche, 2019. la Cidrerie traditionnelle du Perche élabore un cidre (L’Hermitière) avec un peu moins d’acidité, et un peu plus de structure amère. On compte quatre appellations en cidres Pays d’Auge, Perche, Cotentin, Cornouailles, et une en poiré Domfront).

Pour élargir la cible de consommateurs, les professionnels comptent par ailleurs sur la profusion de start-up spécialisées, comme Sassy ou Fils de Cidre.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.
Photo: Pixabay/Veronicatxoxo

3219 articles

A propos de l'auteur
Journaliste dans la presse professionnelle, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
Articles
A lire également
Entreprises

SPIRITUEUX — Angostura mise sur l’engouement pour les cocktails tiki pour soutenir sa gamme de rhums

La célèbre marque de bitters et de rhums Angostura a lancé sa “Tiki Week” dans une vingtaine de bars. Entre réinterprétations de classiques et pédagogie auprès des bartenders, l’objectif est de remettre en avant la gamme, alors que celle-ci opère une évolution en ce printemps 2026.
ÉconomieIndustrie

BIÈRE – «Les volumes de bière sans alcool sont orientés à la hausse», observe Magali Filhue, de Brasseurs de France

Après deux années de recul, la consommation de bière s’est stabilisée en 2025. Magali Filhue, déléguée générale de Brasseurs de France, revient sur les transformations du secteur : essor du sans alcool, recomposition du paysage des brasseries et pressions économiques qui pèsent sur une filière largement composée de PME et de TPE.
ÉconomieEntreprisesIndustrie

SPIRITUEUX – «Face au recul des exportations aux Etats-Unis et en Chine, nous devons préserver nos positions en Europe», souligne Thomas Gauthier

La filière française des spiritueux, qui produit près de 700 millions de litres d’alcool par an, cherche à mieux valoriser son ancrage…

Recevez nos prochains articles par e-mail

Abonnez-vous à notre newsletter