Aller au contenu

La start-up Daylighted promeut l’art sur les écrans

Démystifier l’art (peintures, photographies, gifs, vidéos…) en le diffusant sur des écrans dans les lieux publics, telle est l’idée des cofondateurs de Daylighted, Elisabeth Mouchy et Alex Cammarano. Après deux incubateurs, l’entreprise (6 personnes) qui a démarré ses activités à San Francisco (Etats-Unis) en mai 2015, affiche tous les mois plus de 70.000 œuvres d’art à travers une centaine d’écrans connectés aux Etats-Unis, en France, Australie et Canada. Elle ouvre un bureau à Paris.

Quel constat vous a incité à créer Daylighted ?

Alex Cammarano —Daylighted est une nouvelle façon de consommer, découvrir et apprécier l’art : pour beaucoup l’art est hyper-intimidant (trop compliqué, trop cher, trop intellectuel…). Pour ces raisons ces derniers ne feront pas l’effort de se déplacer afin de découvrir les artistes qui les entourent. Ce fut mon cas, et c’est exactement ce que nous souhaitons changer. Chacun de nous peut, au travers de l’art, être inspiré, ému, surpris, et vivre une expérience visuel simple alors nous avons décidé d’apporter « l’art » là où les gens vont afin de susciter ces premières expériences.

Pourquoi avez-vous souhaité vous lancer dans l’univers de l’art ?

J’ai fait une école de commerce à Philadelphie. J’ai fait ensuite le tour des Etats-Unis, pris plus 6000 photos, et ai découvert « malgré moi » l’art sur des réseaux sociaux. Frustré de l’expérience tablette/smartphone, je décide de permuter mon flux Instagram sur un grand écran afin de profiter de cette expérience de manière non-intrusive… Nous n’avions jamais, avec Elisabeth Mouchy, travaillé dans l’art. Nous nous sommes néanmoins entourés de galeristes, puis nous avons commencé par aller voir un hôtel pour lui proposer d’afficher des œuvres d’art sur sa télévision. Cet hôtel nous a recommandé à d’autres hôtels de la même chaîne. A l’époque, nous n’avions aucune technologie, et petit-à-petit, nous avons recruté une équipe, levé des fonds, et développé nos outils.

Comment fonctionne la solution ?

Il suffit de brancher un boîtier connecté au wifi derrière un écran ou une télévision. Une plateforme Web permet d’avoir accès au contenu, au sein de laquelle le client sélectionne les oeuvres qu’il souhaite afficher (26.000 œuvres disponibles, mais des partenariats avec des marketplaces nous permettent d’avoir accès à des centaines de milliers de contenus). L’hôtel, le restaurant, l’entreprise… choisit un thème sur le créneau horaire de son choix et ainsi adapte la décoration en temps réel. Les artistes, quant à eux, téléchargent leurs œuvres sur la plateforme. Via une application mobile, n’importe qui peut avoir, en temps réel, accès aux informations-clefs des œuvres affichées, et les acheter directement auprès des artistes (reproductions digitales ou physiques).

Quel est votre business model ?

Il s’agit d’un abonnement mensuel à notre catalogue. On ne touche pas de commission sur les ventes d’œuvres d’art. On vise les espaces publics : hôtellerie (l’effet de chaîne est intéressant pour nous), bureaux d’entreprises, salles d’attente, etc. A l’aéroport de Singapour, on équipera le lounge d’une compagnie aérienne. Nous sommes par ailleurs en train de digitaliser le musée du Quai Branly pour afficher les œuvres à proximité du musée, et, via l’application, les billets seront disponible à la vente. On devient un « concierge culturel ».

De quelle manière souhaitez-vous vous développer en Europe ?

Nous comptons sur des déploiements avec de grands comptes (hôtellerie). Nous recrutons une équipe commerciale sur Paris, et envisageons le deploiement d’un réseau de distributeurs sur toute l’Europe.

Publié dansEconomieEntreprisesServices