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« Make Me Stats veut devenir le Wikipedia du social media marketing »

Nouvel outil de mesure de l’audience issue des réseaux sociaux, Make Me Stats compte se démarquer avec sa dimension collaborative, à l’instar de Wikipedia. Son éditeur change pour l’occasion de business model.

« Nous voulons développer le Wikipedia du social media marketing », explique Jérémi Lepetit. CEO de l’agence Web Make Me Viral, créée en 2010, il lance Make Me Stats, un nouvel outil de décryptage des audiences issues des réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram, YouTube) et transforme, à cette occasion, son entreprise (composée de quatre associés et cinq collaborateurs) en société d’édition. Interview.

Quel constat vous a incité à lancer Make Me Stats?

Jérémi Lepetit – Il y a trois ans, dans le cadre de l’accompagnement de nos clients grands comptes, on a souhaité optimiser le temps passé à faire de la veille, et nous outiller. Il n’y avait pas d’acteurs français sur le segment de la veille et de l’analytics social media, et les solutions existantes ne nous correspondaient pas. Pourquoi les courbes affichées montent-elles ou descendent-elles ? Il n’était tout simplement jusqu’à aujourd’hui pas possible de benchmarker sur les réseaux sociaux et finalement l’ensemble du secteur souffre du « syndrome du poisson rouge » ou chacun à le sentiment d’innover, à défaut de pouvoir disposer d’un outil de veille susceptible de garder trace des actions des uns et des autres.

Comment avez-vous mis en place cet outil?

Make me Stats se devait d’être une innovation d’usage, en partant des besoins des professionnels du secteur. Nous avons donc réuni un panel d’experts des réseaux sociaux afin d’essayer de trouver une juste transversalité. Trois constats majeurs en sont ressortis : le premier est que 10% des données disponibles dans les API présentent une réelle valeur ajoutée et surtout les attentes de tous les social media managers sont communes à hauteurs de 98% des indicateurs. Le deuxième constat est que 85% des actions de marketing viral sont éphémères. La durée de vie d’un tweet est de 4 heures, une campagne excède rarement 3 semaines… Il est très difficile de s’y retrouver. Du coup, on a immédiatement pensé notre plateforme pour faire de la veille « expérientielle » : cela va consister à avoir une plateforme la plus collaborative possible afin d’être en mesure de créer une immense base de connaissance commune à l’ensemble de nos utilisateurs. Le troisième constat est que 100% des marques sont en quête de valorisation de leur potentiel social media. Il fallait donc proposer des indicateurs plus fins.

« Nous sommes à rebours des pratiques du secteur »

Comment la plateforme ajoute-t-elle couche d’interprétation humaine au social big data?

J’ai du listening, avec une visibilité statistique des choses, mais cela ne suffit pas : on ne comprend pas tout avec un graph. Chaque utilisateur pourra ajouter sa propre veille, matérialisée par des marqueurs, et comprendre les dispositifs mis en œuvre (tweets, panneaux numériques, campagne publicitaire, action de community management qui sort de l’ordinaire, nouvelle application Facebook, etc.) C’est la somme des utilisateurs qui permet d’enrichir l’outil en événements. Nous ajoutons une sur couche collaborative et humaine aux statistiques du social big data.

De quelle manière accompagnez-vous vos clients dans le décryptage de ces nouvelles données?

La particularité de l’outil est de présenter deux facettes. Il dispose d’une partie gratuite dit freemiun, extrêmement simple à prendre en main, et à comprendre, qui va permettre d’organiser sa veille, sur chacun des réseaux couverts (15 comptes sur Facebook, 15 comptes sur Twitter, 15 comptes sur YouTube et 15 comptes sur Instagram). Il y a ensuite une partie payante dite Premium, à destination des grands comptes et des agences, all inclusive : une veille illimitée, un volet analytics très puissant (on a une technologie exclusive pour créer des indicateurs à la volée, crées spécifiquement pour l’utilisateur), l’édition de reportings et la possibilité de générer à volonté des analyses de tendances sur Twitter et Instagram, etc. Cette licence est aussi all inclusive dans le nombre d’utilisateurs de l’outil. On prend tous les contre-pieds du secteur !

« La prise de risque est considérable »

Comment avez-vous pris en compte les avis de vos clients pour ce nouveau produit?

Nous nous sommes entourés de social media managers, de community managers… qui sont les premiers utilisateurs de Make me Stats. Les social media managers nous ont aidés à définir le cahier des charges, et nous avons un cercle d’ambassadeurs très impliqués qui sont susceptibles de parler de l’outil et de nous remonter les points d’évolutions clefs. Pour devenir ambassadeur, il était essentiel pour nous qu’ils soient avant tout convaincus par l’outil. Par ailleurs, nous sommes en permanence nourris par le retour d’expérience de nos utilisateurs.

Combien de temps a-t-il été nécessaire pour lancer Make me Stats?

Identifier les manques a été assez rapide, mais initier le pivot de l’entreprise d’une agence Web à celui d’éditeur a été assez long. Nous avons notamment mis un an et demi pour obtenir le statut de Jeune entreprise innovante, puis nous avons effectué une levée de fonds de 300.000 euros sous diverses formes auprès de Bpifrance entre 2013 et 2015, spécifiquement pour lancer ce nouvel outil. La prise de risque est considérable : on rebat les cartes, on se lance un challenge… Je ne regrette pas du tout ce choix, qui est aussi une manière de faire évoluer l’activité.  Nous étions une petite agence social media qui aurait vu son expertise se diluer progressivement sur ses métiers historiques. Notre pari est de devenir d’ici cinq ans l’un des grands de l’édition de solutions social media.

Quels sont vos objectifs de développement?

On a de très grandes ambitions pour 2016. On vient de signer sous licence Leroy Merlin, Malakoff Mederic, Seloger et très récemment Kiabi… 2016, sera l’année de l’accélération de notre développement, pour préparer une internationalisation à moyen terme puisque la plateforme est déjà accessible en anglais.

Publié dansEconomieEntreprisesServices