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Les gestionnaires d’actifs plébiscitent la victoire d’Emmanuel Macron

Le programme d’Emmanuel Macron – s’il obtient une majorité parlementaire – et les perspectives pour la zone euro enthousiasment les gestionnaires d’actifs.

Dimanche, Emmanuel Macron deviendra le 25ème président de la République. Elu le 7 mai avec 66,1% des voix exprimées, il a réussi à s’imposer à toute allure dans le paysage politique français, bien qu’inconnu du grand public au début du quinquennat qui s’achève. Comme lors du premier tour, les gestionnaires d’actifs se sont exprimés sur cette victoire. Focus sur les principales déclarations.

De premières mesures très attendues…

« L’élection nette et sans appel d’Emmanuel Macron, associée à une future majorité parlementaire pro-européenne et favorable à des réformes libérales, est désormais susceptible d’offrir un nouvel élan à l’économie française », résume Nino Texeira, directeur des gestions institutionnelles et réseaux chez Natixis Asset Management. Pour autant, « le programme économique de Macron nous semble plus facile à faire accepter par l’opinion française que celui de la droite  car allant a priori moins loin dans la remise en cause du modèle social national. La suppression de 500.000 emplois publics proposée par Fillon durant le quinquennat n’est du reste plus d’actualité car trop difficile à mettre en œuvre. Du côté de Macron, l’ambition est de tendre vers un modèle proche de celui des pays d’Europe du nord, un alignement sur les meilleures pratiques de ces pays étant susceptible de faire gagner à la France entre 0,5% et 1% de croissance du PIB par an. »

… mais qui devront être acceptées

« La politique d’Emmanuel Macron durant les cent premiers jours se situera […] sur une ligne de crête : avancer rapidement sur les réformes du marché du travail, sans doute par ordonnance dès cet été afin d’éviter les fortes manifestations sociales qui sont attendues, en donnant en parallèle des gages comme «contrepoids social» au travers d’une réforme de l’assurance chômage et de mesures, comme par exemple la réduction du nombre d’enfants par classe dans certaines zones d’éducation prioritaire, et la moralisation de la vie publique », souligne Jean-Jacques Friedman, directeur des investissements chez Vega investment managers.

«Une politique pro-business» bien accueillie

« La victoire d’Emmanuel Macron est le meilleur scenario pour nous, qui sommes à l’aise avec son expérience de banquier d’affaires et de ministre. Il va sans doute mettre en place des politiques pro-business susceptibles d’attirer des capitaux vers la France – à condition toutefois de parvenir à bâtir une large coalition, à l’image de celle du Parlement allemand. La victoire de Macron devrait stimuler le retour du risque. Nous nous attendons également à une reprise des rendements pour les valeurs refuges : obligations souveraines japonaises, Bunds allemands, bons du trésor américains. Concernant les rendements français, nous anticipons soit une courbe plate soit un scénario de hausse stimulé par les prévisions de croissance et d’inflation en zone euro. Toutes choses étant égales par ailleurs, la présidence Macron devrait ouvrir la voie à un resserrement de politique monétaire et une réduction du programme de rachats d’actifs de la Banque centrale européenne », estime l’équipe du gestionnaire américain Brandywine Global.

Soulagement sur l’avenir de la zone euro

« La qualification d’Emmanuel Macron, libéral et européen convaincu, au second tour de l’élection présidentielle française, a soulagé les marchés et poussé les actions européennes à la hausse. Les investisseurs, qui redoutaient ces dernières semaines une finale opposant deux candidats eurosceptiques, ont retrouvé de l’appétit pour le risque dans la perspective d’une victoire du leader du mouvement En Marche! et malgré les incertitudes relatives aux élections législatives de juin. Sur le marché obligataire européen, les résultats du premier tour de l’élection présidentielle française se sont traduits par une baisse de l’aversion pour le risque, avec un resserrement des «spreads» français et périphériques », commente l’équipe d’Aviva Investors France.

Une impulsion globale

Pour Bill Street, directeur Europe, Moyen-Orient et Afrique des investissements chez State Street Global Advisors, « la victoire d’Emmanuel Macron permet aux marchés de respirer et de mettre temporairement de côté la politique européenne. Ce résultat, auquel s’ajoute l’accord préliminaire sur la dette grecque conclu la semaine dernière, suffira à soutenir la reprise des marchés à court terme. A plus longue échéance, on ne peut s’attendre qu’à des développements positifs, quel que soit le scénario envisagé pour la présidence Macron. En cas d’inaction de sa part, le statu quo sera certes accompagné d’une paralysie politique, mais avec un environnement extérieur favorable et des améliorations constantes de la croissance. Dans le meilleur des cas, Macron pourra compter sur un Parlement efficace et construire un partenariat avec l’Allemagne pour lancer des réformes significatives. Cela pourrait donner une impulsion considérable aux marchés vers la fin de l’année, ce qui ne se reflète pas encore dans les cours à l’heure actuelle. »

Publié dansEconomieInvestissementMarchés et finance